À Marseille, Sébastien Delogu parmi les cibles d’ingérences numériques étrangères
À Marseille, dans les Bouches-du-Rhône, le député Sébastien Delogu a été visé pendant la campagne des municipales de mars 2026 par une opération de manipulation en ligne que Viginum a rattachée à une campagne plus large contre La France insoumise. À l’approche de la présidentielle de 2027, le service public chargé de détecter les ingérences numériques étrangères se prépare à une menace accrue. Mais le chiffre d’une centaine d’opérations évoqué dans la vidéo de France 3 n’est pas confirmé dans les publications publiques consultées de Viginum.
Ce que l’on sait sur les opérations recensées
Viginum, service rattaché au Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), a pour mission de détecter et caractériser les ingérences numériques étrangères. Il analyse notamment les contenus trompeurs, leur diffusion artificielle ou coordonnée et les indices d’implication d’acteurs étrangers. Le service précise qu’il ne fait pas de vérification des faits au sens du fact-checking. Ses missions sont détaillées par le SGDSN.
Pour les élections européennes et législatives de 2024, Viginum a recensé 25 tentatives d’ingérence numérique étrangère : 14 visant les européennes et 11 les législatives. Pour les municipales des 15 et 22 mars 2026, son bilan public compte quatre opérations détectées et caractérisées. Le service décrit notamment une campagne visant plusieurs candidats LFI, dont Sébastien Delogu à Marseille, et indique que la visibilité des contenus est restée limitée. Le rapport public de Viginum sur les municipales souligne aussi qu’il n’a pas pu établir l’identité des commanditaires de cette campagne.
À Marseille, des contenus en ligne et des tracts ont ciblé le député pendant la campagne. Une question écrite publiée à l’Assemblée nationale rapporte que des tracts ont été collés dans les 6e et 7e arrondissements et qu’une plainte a été déposée le 2 mars 2026. Ces éléments sont présentés dans la question de l’élu ; le rapport de Viginum confirme, lui, que Sébastien Delogu faisait partie des candidats ciblés.
Ce que cela change pour Marseille et la région
Le cas marseillais illustre comment une opération numérique peut aussi se matérialiser localement, puis chercher à amplifier des accusations sur les réseaux sociaux. L’enjeu concerne les électeurs de Marseille, mais aussi, plus largement, les habitants de Provence-Alpes-Côte d’Azur : des contenus diffusés en ligne peuvent circuler bien au-delà de la commune où un candidat est visé. Cela ne signifie pas que toute fausse information relève d’une ingérence étrangère, ni que les opérations détectées ont modifié un résultat électoral.
France 3 évoque une centaine d’opérations déjà répertoriées en vue de la présidentielle de 2027. Ce chiffre n’apparaît pas dans le bilan public de Viginum consulté pour cet article. Le service estime toutefois qu’une accentuation de la menace est à anticiper pour le scrutin présidentiel. Le nombre avancé par le média doit donc être compris comme une information rapportée par sa vidéo, et non comme un bilan public confirmé par Viginum.
Les prochaines étapes
Le rapport du SGDSN indique que la protection des prochaines échéances reposera notamment sur une coordination entre administrations, autorités électorales, équipes de campagne et plateformes numériques. Pour les habitants, le réflexe utile reste de vérifier l’origine d’un contenu avant de le partager, en particulier lorsqu’il accuse un candidat ou prétend révéler une information urgente. À ce stade, les informations publiques ne permettent ni d’attribuer les opérations marseillaises à un commanditaire précis, ni d’en mer un effet sur le vote.
Source : France 3 Régions Provence-Alpes-Côte d'Azur – Marseille
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