
À Caen, des mamans sans papiers se battent pour leurs droits
Depuis la suppression de l’allocation mensuelle de subsistance du Calvados en juin 2024, un collectif de mamans sans papiers caennaises lutte pour récupérer leurs droits et préserver le quotidien de leurs enfants. Une première victoire a été remportée : le tribunal administratif de Caen a ordonné au Département de réexaminer les dossiers des familles concernées.
Le samedi 20 décembre 2025, des voix de militants et de familles sans papiers ont résonné dans les rues de Caen. La manifestation, organisée par le collectif FEDER (Famille en Détresse et Révoltées), a eu lieu presque un an après la suppression d’une aide financière mensuelle destinée aux familles sans ressources. En tête du cortège, une banderole à l’effigie de la préfecture, suivie de nombreuses pancartes, dont l’une proclamait « Mères en colères ».
Les mamans du collectif se réunissent régulièrement pour préserver le quotidien de leurs enfants, malgré les conditions précaires. Leurs revendications incluent des tickets de tramway pour accompagner leurs enfants à l’école, la gratuité de la cantine scolaire et un « chèque activité sport et culture » pour permettre aux enfants d’accéder à des loisirs.
Le combat est également judiciaire. En juin 2024, le Conseil Départemental du Calvados a modifié son Règlement d’Action Sociale, supprimant l’allocation mensuelle de subsistance de 170 € par enfant. Cette aide a été remplacée par une aide exceptionnelle, excluant les personnes sans papiers. Après des recours individuels infructueux, des associations ont porté une action collective, soulevant l’illégalité de cette modification. Le 6 mars 2026, le tribunal a jugé illégales les nouvelles conditions d’éligibilité, obligeant le Département à réexaminer les dossiers des familles en situation irrégulière.
Cependant, la lutte continue. Bien que cette décision soit une victoire partielle, l’aide peut encore être refusée lors du réexamen des dossiers. De nombreuses familles, découragées par ce long processus, craignent de ne pas retrouver leurs droits.
Source : Grand Format Normandie





