Le remboursement des protections réutilisables démarre difficilement dans les pharmacies françaises
Entré en vigueur le 1er octobre 2026, le remboursement des protections périodiques réutilisables se heurte à des difficultés dès son lancement. Plusieurs pharmacies ne proposent pas encore ces produits ou s’interrogent sur les démarches de facturation et le suivi des achats. Le dispositif prévoit pourtant une prise en charge pour les personnes de moins de 26 ans et, sans condition d’âge, pour les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire.
Des produits difficiles à trouver en pharmacie
Dans les officines interrogées, le nouveau remboursement ne s’accompagne pas toujours d’une offre visible. Un pharmacien de Pantin, en Seine-Saint-Denis, explique ne pas prévoir de vendre ces protections, faute de place et parce que cela ne relève pas, selon lui, de son activité. Dans une commune rurale des Ardennes, Fabrice Camaioni dit ne pas savoir comment facturer les produits à l’Assurance maladie.
Les culottes menstruelles et les coupes peuvent être peu visibles, absentes des rayons ou non proposées à la vente. Ce démarrage contraste avec l’objectif affiché du dispositif : contribuer à lutter contre la précarité menstruelle grâce à des protections réutilisables.
Des règles de délivrance qui suscitent des questions
Le dispositif concerne les achats effectués en pharmacie. Les personnes de moins de 26 ans peuvent bénéficier de la prise en charge de deux protections par an, dans la limite de 60 % par l’Assurance maladie ; une complémentaire santé peut couvrir le reste. Les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire ont droit à une prise en charge à 100 %, quel que soit leur âge.
Les représentants des pharmaciens s’inquiètent notamment de la manière de vérifier l’éligibilité et le nombre de produits déjà obtenus dans une autre officine. Cyril Colombani, porte-parole de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine, juge le dispositif encore flou et estime qu’un contrôle à chaque délivrance serait difficile à réaliser.
Les consignes publiées par l’Assurance maladie précisent que la facturation doit passer par l’outil dédié aux produits inscrits sur la liste des produits et prestations, et que la carte Vitale doit être utilisée. Elles indiquent également qu’un téléservice permettant de consulter l’historique des délivrances doit être enrichi en novembre. ()
Le référencement des produits en question
Les doutes portent aussi sur les protections disponibles et leur qualité. Maud Leblon, de l’association Règles élémentaires, s’interroge sur l’effet du plafond de prix — jusqu’à 19 euros pour une culotte — sur le référencement des produits. Elle craint que des modèles de qualité fabriqués en France soient moins présents et que certains produits contiennent notamment du plastique ou des phtalates.
Selon les règles officielles, seuls les modèles de culottes et de coupes menstruelles réutilisables référencés par le ministère de la Santé sont éligibles. La limite est de deux produits sur une période de 12 mois, calculée à partir du premier achat. ()
Source : 20Minutes – Une (www.20minutes.fr)
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Auteur : 20 Minutes avec AFP
