Blocus de lycées : Lecornu accuse LFI d’instrumentaliser les jeunes, Mélenchon contre-attaque
Les blocages de lycées en Île-de-France, mobilisés depuis une semaine, sont devenus le terrain d’un affrontement politique entre le gouvernement et La France insoumise. L’exécutif accuse des élus du mouvement d’encourager les blocages et d’instrumentaliser les jeunes ; les Insoumis défendent au contraire une mobilisation qu’ils jugent consciente et légitime.
Le gouvernement appelle au calme et à la fermeté
Lundi 28 septembre, le Premier ministre Sébastien Lecornu a reproché sur X à des élus LFI d’appeler à étendre le mouvement. Il a estimé que cette démarche relevait d’une instrumentalisation partisane, tout en affirmant que les difficultés exprimées par les lycéens devaient être entendues et traitées.
Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, avait déjà dénoncé vendredi des appels de députés insoumis à bloquer des établissements. Interrogé par RMC lundi, il a évalué à « une dizaine » le nombre de lycées concernés. Il a distingué les revendications qu’il juge parfois légitimes — notamment le non-remplacement de certains professeurs — des actions menées, selon lui, par des personnes masquées et parfois violentes.
Dans un télégramme cosigné avec le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez et consulté par l’AFP, les deux membres du gouvernement ont demandé que les forces de l’ordre interviennent en cas de blocage total. Une intervention pourrait avoir lieu à partir du mardi 29 septembre, alors que l’USL, présentée comme la première organisation lycéenne, a appelé à une « convergence des luttes » pendant une mobilisation nationale de la fonction publique.
LFI conteste l’accusation d’instrumentalisation
Plusieurs figures de La France insoumise soutiennent les lycéens mobilisés, dont le député Louis Boyard. À Saint-Denis, le maire LFI Bally Bagayoko a été accueilli par des jeunes qui l’ont acclamé et ont entonné la Marseillaise, selon l’agence CLPRESS.
Sur BFMTV, l’élu a rejeté l’idée que les mobilisations soient téléguidées. Il a décrit les lycéens comme des jeunes « parfaitement conscientisés » et appelé Sébastien Lecornu à se rendre sur place pour échanger avec eux. Édouard Geffray a maintenu sa critique sur la même chaîne, dénonçant ce qu’il a qualifié d’« instrumentalisations violentes des jeunes par des groupuscules extérieurs ».
Les échanges se durcissent entre Lecornu et Mélenchon
Jean-Luc Mélenchon a lui aussi assumé le soutien de son mouvement aux blocages. Sur X, il a qualifié les lycéens mobilisés d’« inoffensifs » et accusé le gouvernement d’avoir ordonné la répression, en évoquant un « arrière-goût raciste évident ».
Sébastien Lecornu lui a répondu sur le même réseau. Le Premier ministre a évoqué une lycéenne blessée à l’acide chlorhydrique, des incendies et des tirs de mortier, puis demandé au dirigeant insoumis s’il condamnait ces violences. Il a également qualifié l’accusation de racisme d’insulte et de facteur de division.
La présidente Les Républicains de la région Île-de-France a, de son côté, annoncé avoir saisi la justice après des propos de Louis Boyard. Elle a accusé LFI de prôner le saccage des lycées. Le député a défendu le soutien aux élèves, en mettant en avant le manque de professeurs, et reproché à la présidente de région d’avoir traité des jeunes des quartiers de « caïds et de voyous ».
Des revendications variables selon les établissements
Au-delà des accusations échangées, les motifs de mobilisation ne sont pas les mêmes partout. Des témoignages rapportés par l’AFP en 2025 faisaient notamment état de locaux jugés sales, d’un manque de personnel, de classes surchargées et de la pression liée à Parcoursup.
Source : Gouvernement : actualités et infos décalées en continu, en France et dans le monde (www.huffingtonpost.fr)
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