L’agriculture en France comme moyen d’intégration pour les exilés en quête de travail
Quand l’agriculture offre un terrain d’intégration aux exilés
Depuis fin 2025, en périphérie de Rennes, un collectif d’une vingtaine d’exilés, connu sous le nom des Agriculteurs philanthropes, cultive des légumes tels que des pommes de terre, de l’ail et des carottes pour les distribuer aux plus démunis. Ces membres, qui sont pour la plupart demandeurs d’asile ou déboutés de cette demande, s’engagent dans cette initiative pour se rendre utiles et s’intégrer dans la société française.
Eddy-Valère Djonang Ngandjeu, un agriculteur camerounais arrivé en France en 2023 et à l’origine du projet, souligne l’importance de cette activité : « Cultiver éloigne de beaucoup de mauvaises choses, plutôt que de rester dans l’attente ou l’ennui ». Ce projet bénéficie du soutien du collectif Campagnes ouvertes et solidaires, qui a été créé en Ille-et-Vilaine pendant les législatives de 2024 pour lutter contre le racisme. Gregory Berte, un éleveur local, a mis à disposition une parcelle de terrain et aide à la labours, tandis que des maraîchers fournissent des plants. Une cagnotte a également été ouverte pour l’achat de matériel.
L’idée d’intégrer les exilés via l’agriculture n’est pas nouvelle. Selon la géographe Camille Hochedez, l’agriculture a historiquement servi d’ancrage pour les travailleurs étrangers, une tendance qui perdure. Des structures comme Terre 2 Cultures, fondée en 2019, et A4, créée en 2022, ont vu le jour pour répondre à ce besoin. Terre 2 Cultures offre un emploi en CDD ou CDI, un hébergement et un accompagnement socio-éducatif à environ 140 réfugiés, avec un budget de 415 000 euros en 2025, principalement financé par des fonds publics.
A4 vise à créer un réseau d’accueil et de formation dans l’agriculture et l’artisanat. Actuellement, l’association expérimente des cultures moins exigeantes en eau, comme le mil et le sorgho, et prévoit de racheter une ferme à Marcoussis pour asr son autonomie financière. En parallèle, des initiatives comme celle de Cédric Herrou, qui a cédé sa ferme pour créer une communauté Emmaüs agricole, montrent l’engagement envers l’accueil des exilés.
Cependant, l’intégration via l’agriculture présente des défis. La précarité administrative, les traumatismes subis, ainsi que des obstacles pratiques comme le manque de transports et de logement, compliquent le processus. Des freins culturels persistent également, car l’agriculture n’est pas toujours valorisée dans les pays d’origine des exilés. Malgré ces difficultés, des initiatives continuent d’émerger, cherchant à offrir une alternative viable et émancipatrice.
En conclusion, si l’agriculture peut être un espace d’intégration pour certains, elle demeure un terrain d’exploitation pour d’autres, soulignant la nécessité d’une vigilance accrue face aux abus dans ce secteur.
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