
8-Mai, 11-Novembre : Pourquoi les Français portent-ils des bleuets et les Britanniques des coquelicots ?
Le président de la République, Emmanuel Macron, commémorera le 8 mai prochain le 81e anniversaire de la Victoire de 1945. À cette occasion, il arborera un bleuet sur son torse, tandis que les Britanniques porteront des coquelicots le 11 novembre, une journée souvent désignée comme le « Poppy Day ».
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Ces deux fleurs ont vu le jour dans les champs de bataille de la Première Guerre mondiale, où elles ont continué à croître malgré la destruction. Elles sont également liées à des poèmes emblématiques : les « Bleuets de France » pour le bleuet et « In Flanders Fields » pour le coquelicot. Mais comment ces symboles ont-ils été adoptés par la France et le monde anglo-saxon ?
Pourquoi le bleuet ?
Le bleuet est moins connu en France que le coquelicot britannique. Ce dernier était surnommé « bleuets » par les poilus, en référence à l’uniforme bleu horizon des nouveaux soldats. En 1925, le bleuet devient un insigne grâce à l’initiative de deux infirmières, Charlotte Malleterre et Suzanne Leenhardt, qui créent le « Bleuet de France ». Ce projet vise à recueillir des fonds pour aider les mutilés de la Grande Guerre, avec des bleuets en tissu confectionnés par des pensionnaires des Invalides.
Depuis 1934, ces fleurs sont vendues dans les rues, et l’État officialise leur vente le jour de l’Armistice. Le bleuet est devenu un symbole d’insertion par le travail, fabriqué aujourd’hui par des établissements réservés aux personnes en situation de handicap. Bien que la tradition ait diminué, elle a été ravivée en 2012 avec l’adoption d’une loi fixant au 11 novembre la « commémoration de tous les morts pour la France ».
Pourquoi le « poppy » ?
Le coquelicot est un symbole fort pour de nombreux Anglo-Saxons, ancré dans la mémoire collective. Il est tiré du poème de John McCrae, écrit lors de la deuxième bataille d’Ypres, et a été adopté comme symbole par la Royal British Legion en 1921. Depuis, il est devenu courant de le voir sur le revers des vestes britanniques.
Cette tradition perdure, particulièrement au Royaume-Uni, où il est mal vu pour un homme politique de ne pas porter un coquelicot la semaine précédant le 11 novembre. Les dons collectés pour cette cause atteignent chaque année près de 50 millions d’euros au Royaume-Uni, contre un peu plus d’un million en France.
Pour marquer le centenaire de l’entrée en guerre, la Tour de Londres a accueilli une installation composée de 888 246 coquelicots en céramique, représentant chaque soldat tombé durant la Grande Guerre. Bien que l’installation doive être démontée, de nombreux appels ont été lancés pour la conserver.
Ces fleurs, emblématiques de la mémoire des soldats, continuent de rassembler les nations autour de la commémoration des sacrifices faits durant les conflits mondiaux.
Source : Le Monde



