
Voh : Une enquête révèle les fractures entre communautés
Lundi 4 mai, l’association Paroles, mémoires, vérités, réconciliations a présenté les résultats d’une enquête menée à Voh, une commune de Nouvelle-Calédonie, entre octobre 2025 et avril 2026. Ce travail, qui s’inscrit dans le cadre de la caravane des mémoires, a impliqué six mois de recherche, 59 participants et plus de soixante heures d’entretiens.
Voh, avec ses 3 000 habitants, est un microcosme des diverses populations calédoniennes. Jean-Pierre Aïfa, président de l’association, souligne que la commune regroupe des personnes issues des huit tribus kanak, ainsi que des descendants de la colonisation libre, pénale, et de travailleurs indonésiens et japonais. Trois collectrices bénévoles ont constitué un échantillon représentatif de la population, prenant en compte l’origine, la catégorie socioprofessionnelle, l’âge et le genre des sondés.
L’enquête a mis en lumière un vivre-ensemble présent au quotidien, mais également des tensions sous-jacentes. Christophe Sand, membre de l’association, indique que les émeutes de 2024 ont révélé des fractures historiques, soulignant que les communautés ne sont pas aussi unies qu’elles le pensaient. La souffrance mémorielle du peuple kanak et un sentiment de non-reconnaissance parmi d’autres groupes ont été particulièrement évoqués.
Les participants ont exprimé une volonté de réconciliation, malgré un passé douloureux souvent étouffé. Une participante a résumé : « On vit ensemble, mais on ne se dit pas tout. » Ce silence, selon Christophe Sand, contribue à des tensions et à des jalousies au sein de la communauté.
Malgré les crises économiques et politiques, la majorité des répondants se montrent optimistes, notamment les jeunes de 18 à 35 ans, qui se présentent comme une génération plus métissée et ouverte. En signe d’engagement, les participants ont décidé de créer des cercles de parole pour favoriser le dialogue.
La caravane des mémoires se dirigera à présent vers Nouméa, avec l’appui d’une enveloppe de 6 millions de francs de l’État pour la première étape du projet. La maire de Nouméa, Sonia Lagarde, a déjà manifesté son soutien pour cette initiative.
Source : Paroles, mémoires, vérités, réconciliations.






