
Renaissance viticole dans le Morvan : un projet ambitieux à Chaumard
Ce mardi 21 avril, le Morvan a marqué un tournant historique avec la plantation de nouveaux pieds de vigne à Chaumard, après plus de 200 ans d’absence. Ce projet, soutenu par le parc naturel régional du Morvan et une vingtaine de vignerons, vise à redynamiser la filière viticole dans cette région.
Brendan Le Moulec, vigneron autodidacte, a pris les rênes de cette initiative. Sous un soleil printanier, il s’affaire sur les hauteurs du lac de Pannecières, où 80 ares de vignes ont été plantés. Ce retour à la viticulture est une réponse à la volonté de diversifier l’agriculture locale, comme l’a annoncé le parc naturel en août dernier. À terme, la superficie pourrait même être doublée.
« Ça fait longtemps qu’on l’attend en tout cas. La vigne c’est un projet de long terme et il faut de la patience », confie Le Moulec, manifestant son enthousiasme pour ce projet qui a demandé une réflexion approfondie.
Les premières feuilles de vigne devraient émerger dans les mois à venir. Brendan posera ensuite les piquets et câbles nécessaires à la croissance des plants. Les premiers raisins ne devraient apparaître que dans trois ans, avec une production prévue l’année suivante.
Manon Brault, technico-commerciale aux Pépinières Guillaume, a également été un soutien précieux pour Le Moulec. Elle a contribué à sélectionner des variétés de vignes, comme le Souvignier gris et le Voltis, qui nécessitent moins de traitements, une approche respectueuse de l’environnement.
Au total, une vingtaine de vignerons se mobilisent pour cette renaissance viticole. Des plantations avaient déjà été effectuées à Chiddes, au sud-est de la Nièvre, témoignant d’un engouement croissant pour la viticulture dans le Morvan.
« C’est un beau projet qui va se développer avec d’autres acteurs. C’est valorisant d’y participer », déclare Manon Brault.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte historique : la viticulture avait disparu du Morvan à la fin du XIXe siècle, principalement en raison de la crise du phylloxéra. Autrefois, la région comptait jusqu’à 500 hectares de vignes. Aujourd’hui, le retour de la vigne pourrait offrir des vins uniques, en raison des sols volcaniques et granitiques de la région, distincts des sols calcaires typiques de la Bourgogne.
Les vignerons espèrent obtenir une appellation, un rêve qui pourrait redonner au Morvan une place dans le paysage viticole français. Pour ceux qui souhaitent découvrir cette région viticole en pleine renaissance, il est possible de réserver des visites de vignobles ou de comparer les offres d’hébergement à proximité via des plateformes comme Booking.
Ainsi, le projet de Chaumard ne se limite pas à la simple plantation de vignes, mais représente une ambition collective de redynamiser une région riche en histoire viticole. Les prochaines années seront cruciales pour voir si cette renaissance se transforme en succès durable.



