Faut-il décarboner des usines qui ferment ? En Bretagne, les mésaventures de Michelin et l’hydrogène vert

Vannes : La fermeture de l’usine Michelin et ses conséquences sur la filière hydrogène

À Vannes, le groupe Michelin a récemment mis en place une station d’hydrogène pour décarboner son processus industriel. Cependant, moins d’un an après le lancement de ce projet, l’industriel a annoncé la fermeture de l’usine. Cet événement soulève des questions cruciales sur les défis que pose la décarbonation dans un contexte de désindustrialisation persistante.

Le 5 novembre 2024, Michelin a informé ses salariés des sites de Cholet et de Vannes de l’arrêt de la production prévue pour 2026. Cette décision, qualifiée de « saignée industrielle » par la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, affecte non seulement les 299 emplois de l’usine vannetaise, mais met aussi en péril l’avenir de la station d’hydrogène vert HyGO, qui jouait un rôle clé dans la décarbonation de la production de pneus.

Un écosystème hydrogène en question

La fermeture de l’usine, principal consommateur d’hydrogène du site, soulève des interrogations sur l’avenir de la station et, plus largement, sur la pérennité des écosystèmes territoriaux basés sur l’hydrogène. En effet, sans un débouché industriel solide, le projet HyGO pourrait se retrouver en difficulté.

La ruée vers l’hydrogène

À la fin de la décennie 2010, la Bretagne, bien que faiblement industrialisée, a vu émerger des initiatives autour de l’hydrogène. Cependant, peu de projets ont dépassé le stade des études de faisabilité. Le Plan national de déploiement de l’hydrogène, lancé en 2018, visait à soutenir la décarbonation de l’industrie et de la mobilité, mais les résultats demeurent mitigés.

La feuille de route hydrogène renouvelable de la région, publiée en 2020, identifiait des axes de développement, notamment pour le maritime et les mobilités. Toutefois, les réflexions autour de l’écosystème hydrogène à Vannes ont été initiées avant ces orientations, principalement pour répondre aux besoins de l’usine Michelin.

Les promesses du projet HyGO

HyGO, créé en 2020, visait à produire de l’hydrogène vert à partir d’électricité renouvelable. Bien que Michelin soit le principal consommateur, la station a également été ouverte à quelques véhicules à hydrogène dans l’agglomération. Toutefois, le coût élevé de l’hydrogène vert reste prohibitif pour des usages diffus, rendant la présence d’un industriel comme Michelin essentielle pour la viabilité économique de la station.

La fermeture : un coup d’arrêt ?

L’annonce de la fermeture de l’usine Michelin a provoqué une onde de choc. Les raisons évoquées par le PDG, notamment la concurrence chinoise et la hausse des coûts de production, soulèvent des questions sur la viabilité des projets de décarbonation. Bien que certains espèrent un essor des usages de mobilité, la réalité actuelle montre que les perspectives sont limitées.

L’agglomération de Vannes n’a pas encore intégré l’hydrogène produit localement dans ses transports urbains, contrairement à d’autres villes comme Lorient, qui convertit sa flotte de bus à l’hydrogène.

L’avenir de la filière hydrogène en question

Quel avenir pour HyGO ? La nécessité d’aides à la consommation pour rendre l’hydrogène plus accessible est de plus en plus pressante. Cependant, les récentes évolutions de la stratégie nationale en matière d’hydrogène, qui se concentre sur des usages industriels, laissent peu de place à des projets territoriaux.

Promesses et désillusions

L’économiste Pierre Benoît Joly évoque un cycle classique dans l’innovation technologique : l’effet de mode, l’espoir, puis la déception. À Vannes, la fermeture de Michelin illustre ce cycle. Le projet HyGO, qui avait suscité des espoirs, se retrouve désormais à un tournant critique.

Conclusion : vers un « Grand État vert » ?

La fermeture de l’usine Michelin à Vannes met en lumière les limites des politiques de décarbonation basées sur le marché. Une réévaluation de l’approche pourrait être nécessaire, avec un rôle accru pour l’État dans la régulation et la planification des filières émergentes comme l’hydrogène. Pour l’heure, les défis restent nombreux, et le chemin vers une transition énergétique durable semble semé d’embûches.

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