
Une étude française révèle le mécanisme d’action d’un médicament innovant contre le cancer du poumon avancé
L’étude française ICARUS-LUNG01, publiée le 17 avril dans la revue Cancer Cell, menée par des chercheurs de l’Inserm, de l’Université Paris-Saclay et de Gustave Roussy, a mis en lumière le fonctionnement d’un nouvel anticorps conjugué (ADC) dans le traitement des tumeurs pulmonaires. Réalisée sur 100 patients en situation d’échec thérapeutique, cette recherche démontre non seulement une efficacité prometteuse, mais propose également des pistes pour prédire les patients susceptibles de répondre au traitement.
Le cancer du poumon reste l’une des principales causes de mortalité par cancer dans le monde, avec environ 85 % des cas diagnostiqués étant des cancers non à petites cellules (CPNPC). Malgré les avancées récentes en immunothérapie et thérapies ciblées, de nombreux patients font face à des impasses thérapeutiques après l’échec des traitements standards.
Le datopotamab-deruxtecan (Dato-Dxd), un anticorps conjugué, cible la protéine TROP2, surexprimée dans environ 80 % des cancers du poumon. Ce traitement a reçu une autorisation accélérée de la FDA en juin 2025 pour les patients atteints de CPNPC avancé ou métastatique avec une mutation de l’EGFR, ayant déjà subi des traitements ciblés et une chimiothérapie à base de platine.
L’étude ICARUS-LUNG01, multicentrique et dirigée par le Pr David Planchard, a inclus 100 patients recevant une perfusion de Dato-Dxd toutes les trois semaines. Des biopsies tumorales ont été réalisées à trois moments clés : avant le traitement, à mi-parcours, et à la fin. La durée médiane de suivi des patients était de 21,5 mois.
Les résultats montrent que 26 % des patients ont répondu au traitement, avec une réponse de 30,5 % chez ceux ayant un cancer non épidermoïde, contre 5,6 % pour les cancers épidermoïdes. Une amélioration de la survie sans progression et de la survie globale a été observée chez les patients non épidermoïdes. En termes de tolérance, 24 % des patients ont présenté des événements indésirables de grade 3 ou plus, les plus fréquents étant la stomatite (48 %) et les nausées (47 %).
L’étude a également exploré les mécanismes de réponse et de résistance au traitement. Les analyses indiquent que l’absence de TROP2 à l’intérieur des cellules tumorales et l’activation précoce des voies de réparation de l’ADN pourraient être des facteurs de résistance. À l’inverse, l’activation des voies immunitaires est corrélée à une meilleure réponse, suggérant que Dato-Dxd pourrait également stimuler les défenses immunitaires du patient.
Les résultats de cette étude ouvrent des perspectives pour une médecine de précision fondée sur des biomarqueurs, permettant d’optimiser les stratégies thérapeutiques pour les patients atteints de cancer du poumon avancé.
Source : Inserm, Université Paris-Saclay, Gustave Roussy, Cancer Cell






