J’aurais pu me laisser mourir, ils m’ont sauvée : une association aide les personnes atteintes du syndrome de Diogène

Le syndrome de Diogène pousse les personnes atteintes à accumuler compulsivement des objets dans leur domicile. Ce trouble s’accompagne souvent d’une négligence de l’hygiène et d’un isolement social important. Dans la Somme, une association, La Nouvelle Forge, propose un dispositif d’aide, de maintien et d’insertion dans le logement (Damil) pour permettre à ces personnes de retrouver progressivement une vie normale. La demande est si forte que des dizaines de personnes sont actuellement sur liste d’attente.

Dans l’appartement de Michel, 73 ans, il est difficile de faire un pas sans enjamber un carton ou marcher sur un objet. Atteint du syndrome de Diogène, il accumule des objets jusqu’à obstruer l’accès à ses toilettes. Pour l’aider à sortir de ce cercle infernal, il bénéficie du soutien d’une équipe composée de trois accompagnants éducatifs et sociaux, d’une assistante sociale, d’un assistant administratif et d’une psychologue.

« Ils m’aident bien à débarrasser, heureusement qu’ils sont là, parce que tout seul, j’y arriverais pas », confie Michel. Maxime Dozinel, un des accompagnants, l’encourage à déblayer un coin de son logement, un processus qui demande de la patience et de la compréhension. Chaque geste, même le plus anodin, représente une avancée significative pour ces personnes.

Le syndrome de Diogène est souvent le reflet d’une souffrance psychique, marquée par la dépression et l’isolement. Les professionnels de Damil doivent d’abord convaincre les personnes d’accepter leur aide, un processus qui peut prendre plusieurs mois. « On ne rentre pas comme ça chez eux. Ça nécessite un temps long de présentation pour tisser un lien de confiance », explique Alix Tribouillois, assistante sociale.

Dans de nombreux cas, ce sont des tiers qui alertent l’association, car les personnes concernées peuvent ne pas réaliser la gravité de leur situation. Martine*, une retraitée sans contact avec sa famille, a été secourue après que ses voisins ont signalé son état. « Ils m’ont sauvée. S’ils n’étaient pas venus, j’aurais pu me laisser mourir », témoigne-t-elle.

L’accompagnement du Damil permet également d’accéder à d’autres services, comme des soins médicaux et une aide au ménage. Victor, un autre bénéficiaire, a appris à mieux gérer son alimentation et à se débarrasser des aliments périmés. Actuellement, l’association ne peut s’occuper que de 30 personnes à la fois, tandis que 70 autres attendent une aide.

La structure intervient sur presque tout le département de la Somme, à l’exception de certaines zones. Les travailleurs sociaux s’occupent également de personnes souffrant d’autres troubles, comme le syndrome de Noé, qui entraîne une accumulation d’animaux.

*Le prénom a été modifié.

Source : France 3 Régions

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