
Une alternative crédible pour ne plus utiliser la voiture
Mardi 5 mai 2026, à Saint-Pierre-des-Corps, l’entreprise Socofer a testé son premier train entièrement autonome, destiné à redonner vie aux petites lignes. Présent lors de cette présentation, le maire d’Anstaing (Nord) y voit une opportunité pour revitaliser la ligne Ascq-Orchies. 2030 est l’année visée pour une mise en circulation.
À Saint-Pierre-des-Corps, Socofer a dévoilé son écotrain, une navette ferroviaire autonome et allégée conçue pour revitaliser les petites lignes. Ce projet, en développement depuis deux ans et demi, suscite l’intérêt d’élus locaux, notamment Étienne Dumoulin, maire d’Anstaing, qui voit dans cette innovation une chance de relancer la ligne Ascq-Orchies.
L’écotrain, pesant seulement seize tonnes, soit deux fois moins qu’un véhicule classique, est fabriqué à partir de matériaux légers comme le lin. Il fonctionne entièrement sur batterie et peut opérer en supervision ou en conduite autonome. Killian Hamon, chargé d’étude en mécanique chez Socofer, souligne que son autonomie peut atteindre 500 kilomètres, permettant ainsi des allers-retours quotidiens.
La sécurité du train repose sur un système de capteurs intégrés à l’avant, comprenant trois caméras courtes et une caméra longue portée, capable de détecter des obstacles à longue distance. Justin Bescop, ingénieur chercheur à l’IMT Nord-Europe, explique que ce système est conçu pour garantir un arrêt d’urgence en cas de danger.
Destiné principalement au transport de passagers, l’écotrain pourrait également être utilisé pour le fret de proximité. Philippe Bourguignon, président fondateur d’écotrain, indique que le coût unitaire en série serait d’environ 800 000 €, et qu’avec une dizaine de millions d’euros d’argent public, le financement nécessaire pourrait être sécurisé.
Étienne Dumoulin estime que cette ligne pourrait desservir au moins 50 000 habitants, offrant ainsi une alternative crédible à l’utilisation de la voiture pour les trajets vers Lille. Il souligne l’importance de remettre en service cette ligne ferroviaire pour répondre aux attentes des habitants en matière de transport.
Le projet, qui pourrait voir des navettes circuler toutes les 30 minutes, dépendra du soutien des communautés de communes, de la région et de l’État. L’objectif est de lancer la production dans les trois prochaines années, avec une mise en circulation prévue pour 2030.
Source : France Télévisions





