Un nouveau type de pesticide génétique débarque en Europe

Un nouveau type de pesticide génétique débarque en Europe

Lundi 18 mai 2026, les associations Pollinis et Nature & Progrès Belgique ont déposé un recours au Conseil d’État belge pour contester l’autorisation d’urgence accordée au Calantha, un pesticide génétique destiné à lutter contre les doryphores. Ce pesticide, développé par GreenLight Biosciences, contient une substance active, le ledprona, qui fonctionne comme un ARN interférent (ARNi).

Le Calantha se distingue par sa capacité à cibler spécifiquement certaines séquences de l’ADN des insectes, empêchant ainsi la production de protéines essentielles à leur survie. Philippe Jacques, professeur à Gembloux Agro-Bio Tech (Université de Liège), souligne que ce pesticide est censé être « extrêmement spécifique », limitant les risques d’effets secondaires sur d’autres espèces.

Actuellement, cette technologie est encore peu répandue en Europe. Bien que GreenLight Biosciences ait reçu 35 millions d’euros de la Banque européenne d’investissement pour la recherche et la production de pesticides à ARN, le Calantha n’est pas encore autorisé pour les cultures européennes.

Demande d’autorisation d’urgence

GreenLight Biosciences a déposé une demande de mise sur le marché pour le ledprona en 2023. Cependant, l’autorisation d’urgence accordée en Belgique court-circuite ce processus. Le produit a été approuvé pour une période de 120 jours, du 1er mai au 23 août 2026, en vertu de l’article 53 du règlement européen 1107/2009, qui permet un usage limité d’un pesticide lorsque d’autres solutions ne sont pas disponibles.

Les associations contestent cette dérogation, soulignant les incertitudes liées à l’impact environnemental de cette technologie. Elles craignent que le Calantha ne cible également des insectes non visés, y compris des pollinisateurs.

Réactions des producteurs

Les producteurs de pommes de terre belges se disent surpris par cette autorisation, surtout dans un contexte où le pays fait face à un excédent de 800 000 tonnes de pommes de terre. Le groupement des producteurs de pommes de terre du Nord-Ouest européen a même appelé à réduire les surfaces cultivées.

Le ministre wallon de la Santé et de l’Environnement, Yves Coppieters, a qualifié l’autorisation d’urgence de « précoce » et a exprimé des réserves sur son opportunité.

Les associations Pollinis et Nature & Progrès Belgique visent à établir un précédent pour empêcher d’autres demandes similaires à l’avenir, insistant sur la nécessité d’une évaluation approfondie des pesticides génétiques avant leur autorisation.

Source : Reporterre

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