Un livre jeunesse met le jeu de rôle au service de la solidarité avec les enfants de Gaza
Publié le 11 septembre 2026, Gaza : Eux, c’est nous est porté par un collectif de 80 éditeurs jeunesse. Marie Desplechin y imagine le quotidien d’une famille palestinienne déplacée, tandis que Serge Bloch accompagne le récit de ses illustrations. Au cœur du livre, un grand-père invente des jeux pour aider ses petits-enfants à tenir malgré la guerre : une façon de préserver, autant que possible, une place à l’enfance.
Une histoire familiale au milieu de la guerre
Rim, son petit frère Mohamad et leurs grands-parents, Yacoub et Amal, sont les personnages de cette fiction. La famille a été dispersée par le conflit et tente de survivre dans un territoire ravagé. Le récit s’attache à leur expérience quotidienne, sans faire de ses jeunes protagonistes de simples symboles : ils restent des enfants, avec leurs peurs, leur fatigue et leur besoin de jouer.
Le grand-père détourne ainsi l’attention des petits-enfants en leur proposant des jeux de rôle, notamment celui des Indiens, évoqué dans le titre de l’article de Libération. L’imaginaire ne fait pas disparaître la violence qui les entoure ; il devient un geste de protection et un bref espace de répit. C’est dans ce contraste entre la gravité de la situation et les tentatives de maintenir des habitudes d’enfants que le livre trouve son angle.
Un récit accompagné de repères documentaires
L’ouvrage associe la fiction à une partie documentaire sur les droits de l’enfant et le contexte historique. Ce choix élargit sa portée : le livre peut aussi servir de support pour ouvrir une conversation avec de jeunes lecteurs, sans demander au récit seul de fournir toutes les clés de compréhension. Le collectif indique que les revenus de la vente seront intégralement reversés à Médecins du Monde.
Cette mobilisation prolonge une initiative éditoriale antérieure. En 2015, une quarantaine de maisons avaient déjà uni leurs efforts autour d’Eux, c’est nous, un livre de Daniel Pennac illustré par Serge Bloch en soutien aux personnes réfugiées. Dix ans plus tard, le collectif reprend cette forme de publication solidaire pour attirer l’attention sur les enfants de Gaza. Le nouveau titre est paru le 11 septembre 2026 : il ne s’agit donc pas d’une sortie annoncée le jour de l’article de Libération, publié le 3 octobre.
Faire place à l’enfance sans éluder la guerre
La littérature jeunesse ne peut, à elle seule, rendre compte de la complexité d’un conflit. Ici, l’album fait le choix d’un point de vue resserré : suivre une famille et montrer comment les adultes tentent de prendre soin des enfants dans des circonstances extrêmes. Le jeu imaginé par le grand-père n’est ni une solution ni une échappatoire durable ; il rappelle simplement que, même en temps de guerre, les besoins affectifs et l’imagination des enfants ne s’effacent pas.
Porté par de nombreux éditeurs, le livre combine ainsi récit, illustrations et information documentaire à une démarche de solidarité concrète. Sa proposition est double : donner une place à des personnages d’enfants dans une situation de guerre, et associer la publication à un soutien humanitaire.
Source principale : Libération (www.liberation.fr)
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Auteur : Frédérique Roussel
