
Un coût de traitement de 215 000 euros par an dans cette commune : que faire des bonbonnes de protoxyde d’azote ?
Le projet de loi gouvernemental baptisé Ripost prévoit de nouvelles infractions visant la vente et la détention de gaz hilarant, sauf pour certains professionnels. Le texte, qui fait consensus, est en discussion au Sénat. En attendant, les collectivités sont déjà confrontées à la montée de ce fléau et aux coûts exorbitants liés à son traitement.
À Nîmes, comme chaque matin, les petits camions bennes électriques, appelés Goupil, parcourent les rues de la ville. Une société prestataire se charge du ramassage des déchets trouvés sur la voie publique. Jamel Meuchmache, conducteur au pôle propreté urbaine, déclare : « C’est un sacré fléau ! On en ramasse tous les jours. » Les bonbonnes de protoxyde d’azote, également connues sous le nom de gaz hilarant, sont devenues monnaie courante parmi les ordures.
Depuis le début de l’année, près de 9 600 de ces bonbonnes ont été collectées dans la ville. « C’est dans toute la ville, que ce soit dans l’hyper centre ou dans les quartiers extérieurs, » conclut Jamel Meuchmache.
Actuellement, environ 20 000 bouteilles sont stockées au centre de valorisation des déchets en attente d’un traitement, un problème qui persiste depuis l’apparition du phénomène après la crise du Covid. Le responsable du centre affirme : « Depuis 2021, nous faisons sortir des bouteilles au traitement, mais nous ne sommes jamais arrivés à réguler ce stock. »
Avec une dizaine de bennes remplies à ras bord, le chef de service, Eric Cambon, souligne que « ces bennes-là contiennent environ 3 000 bouteilles en vrac. » Un nouveau prestataire, DI Service, basé en Seine-et-Marne, a été chargé du traitement depuis le 1er janvier, pour un coût annuel de 215 000 euros. François Séguy, adjoint à la propreté de la ville, déplore : « Le traitement de ces bouteilles nous prend pratiquement un tiers de notre budget total de traitement des déchets. Il faudrait que l’État nous aide. »
À Narbonne, la situation est similaire. Le procureur Jean-Philippe Rey fait face à sept tonnes de bonbonnes pleines à traiter, déclarant que « c’est un enfer à stocker » en raison des contraintes de sécurité. Les coûts de traitement et de recyclage sont également très élevés. Pour une quantité de 7,2 tonnes, les devis peuvent dépasser 100 000 euros.
Le coût du traitement peut atteindre environ 100 euros par bonbonne en traitement isolé, et peut être réduit à 20 euros par unité en cas de traitement en volume, hors coûts logistiques et charges réglementaires.
Les autorités s’inquiètent non seulement des implications financières, mais aussi des risques sanitaires et sécuritaires associés à la consommation de ces gaz.
Source : France Info.





