Défense nationale : les trois quarts des pays de l’UE exposés à un risque d’interruption de leurs services numériques par les États-Unis
Les récents piratages de l’Agence nationale des titres sécurisés et de Parcoursup mettent en lumière les vulnérabilités numériques affectant les données personnelles de millions de citoyens. Cependant, les États sont confrontés à un danger encore plus grand, connu sous le nom de Kill Switch.
Le Kill Switch, ou coupe-circuit d’urgence, permet à un gestionnaire de service numérique de désactiver de manière soudaine et à grande échelle les fonctionnalités des équipements connectés, essentiels à nos activités économiques, académiques, administratives et militaires.
Une analyse publiée par le groupe de réflexion international The Future of Technology Institute (FOTI) révèle que plus de 75 % des pays de l’Union européenne utilisent des services d’informatique à distance pour des fonctions cruciales liées à leur sécurité nationale. Cette dépendance technique les expose à des interruptions potentielles, si les fournisseurs américains décidaient de couper l’accès à leurs services. Selon les estimations du FOTI, 16 pays de l’UE, dont l’Allemagne, la Pologne et la Grande-Bretagne, sont classés à risque élevé face à un éventuel Kill Switch activé par les États-Unis.
La France, quant à elle, est considérée comme ayant un « risque moyen », aux côtés de la Belgique, des Pays-Bas, du Luxembourg et de l’Espagne. Seule l’Autriche est perçue comme maîtrisant l’essentiel de ses capacités numériques grâce à une préférence pour des technologies nationales.
Cette situation appelle les autorités françaises à renforcer leur engagement envers la souveraineté numérique, un enjeu crucial pour la sécurité nationale.
Source : The Future of Technology Institute



