Pourquoi la guerre au Moyen-Orient pourrait coûter 6 milliards d'euros à la France (et comment le gouvernement veut le compenser) – franceinfo

Pourquoi la guerre au Moyen-Orient pourrait coûter 6 milliards d’euros à la France (et comment le gouvernement veut le compenser)

En marge d’une réunion d’un comité d’alerte mardi, le Premier ministre Sébastien Lecornu a détaillé les conséquences financières du conflit au Moyen-Orient pour la France, estimant que son coût pourrait atteindre au moins 6 milliards d’euros. Dans une lettre adressée à ses ministres, il a demandé à son gouvernement de réfléchir à des économies pour compenser ce choc.

Cette estimation de 6 milliards d’euros inclut principalement le surcoût anticipé sur la charge de la dette. Les intérêts que l’État doit verser à ses créanciers sont alourdis par la guerre et ses impacts sur le commerce mondial. Les taux d’intérêt, qui ont fortement augmenté depuis le début de l’offensive israélo-américaine contre l’Iran, sont désormais cinq fois supérieurs à ceux enregistrés lors du déclenchement de la guerre en Ukraine en 2022, a précisé David Amiel, ministre des Comptes publics.

Le surplus de 3,6 milliards d’euros, déjà évalué pour l’année en cours dans un scénario moyen, porterait la charge totale de la dette prévue à 60 milliards d’euros en 2026 à 64 milliards. Le Premier ministre a averti que ce surcoût pourrait encore croître en fonction de l’évolution de la situation géopolitique.

Le gouvernement a également relevé sa prévision d’inflation pour 2026, passant de 1,3 % à 1,9 %. Cette hausse des prix aura des répercussions sur les allégements de cotisations sociales et d’autres dépenses indexées sur l’inflation, augmentant ainsi les sommes à débourser par l’État.

Les opérations extérieures de l’armée française, même si le pays n’est pas directement impliqué dans le conflit, engendrent également un coût supplémentaire estimé à 1 milliard d’euros pour 2026. Depuis le début de la guerre, des décisions ont été prises pour déployer des forces, telles que le porte-avions Charles-de-Gaulle en Méditerranée.

Dans le même temps, les recettes fiscales liées aux carburants, qui avaient augmenté en début d’année, commencent à diminuer. Un surplus fiscal de 270 millions d’euros en mars est tombé à 170 millions d’euros en avril, en raison d’une baisse de consommation de près de 16 %.

Pour faire face à cette situation, le gouvernement prévoit d’imposer des mesures d’économies de 4 milliards d’euros au sein des budgets ministériels, en plus d’un effort de 2 milliards d’euros dans la sphère sociale. David Amiel a évoqué la possibilité de geler certaines dépenses ou d’annuler des crédits, sans passer par une loi de finances rectificative.

Le prochain comité d’alerte est fixé en juin, où un point d’étape sera fait concernant les mesures de redressement.

Source : Franceinfo

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