Transparence salariale : l’UE en retard, mais le RN préfère l’ombre à la lumière !
Le fait principal
Vingt-deux pays de l’UE n’ont toujours pas transposé intégralement les règles relatives à la transparence salariale dans leur législation nationale, plus de trois mois après l’expiration du délai. Un timing particulièrement choquant alors que l’Europe célèbre la Journée internationale de l’égalité salariale.
Ce qui s’est passé
Seules la Grèce, l’Italie, la Lituanie, Malte et la Slovaquie ont pleinement mis en œuvre la directive de 2023. Pour les autres, soit 81 %, la mise en œuvre est encore loin d’être achevée. La Belgique, l’Estonie et la Pologne ont partiellement transposé les règles, tandis que 13 pays, dont l’Autriche, la Croatie, le Danemark, l’Allemagne, la Hongrie et le Luxembourg, n’ont même pas publié de texte législatif.
Le contexte
Ces règles visent à clarifier les salaires et les critères de rémunération lors d’une candidature à un emploi, tout en garantissant l’égalité salariale entre les hommes et les femmes. « Un travail égal mérite un salaire égal, qu’il soit effectué par une femme ou par un homme », martèle la Commission européenne, rappelant que la discrimination salariale fondée sur le genre est interdite par les traités de l’UE.
Les chiffres à retenir
Selon les dernières données de l’UE pour 2024, les femmes gagnaient en moyenne 11,1 % de moins par heure que les hommes. L’écart le plus important se trouve en Estonie, avec 18,8 %. Seul le Luxembourg affiche un écart négatif, où les femmes gagnent légèrement plus, avec -0,8 %. De plus, de nombreuses offres d’emploi ne mentionnent toujours pas le salaire proposé.
Ce que cela révèle
La Commission européenne n’a pas encore engagé de procédure juridique contre les pays récalcitrants. Pendant ce temps, elle alloue plus de 3,8 millions d’euros pour faciliter la mise en œuvre des règles sur l’égalité salariale. Une belle somme pour un résultat pour le moins décevant. Les promesses d’égalité des salaires semblent encore flotter dans les limbes bureaucratiques, tandis que les inégalités perdurent. Un comble pour une organisation qui se veut le phare de la justice sociale en Europe.
Ce qu’il faut retenir
Alors que l’UE prône l’égalité salariale, la réalité montre un fossé béant entre les discours et les actes. Les pays membres doivent se réveiller et prendre des mes concrètes, sinon les célébrations de la Journée internationale de l’égalité salariale ne seront qu’un simulacre, une farce tragique à l’encontre des droits des femmes.
Sources : Commission européenne, Eurostat
