TikTok accusé de promouvoir le suicide : 16 familles demandent d’élargir l’enquête parisienne

TikTok accusé de promouvoir le suicide : 16 familles demandent l’élargissement de l’enquête à Paris

Seize familles ont demandé, le 11 mai, l’élargissement de l’enquête en cours à Paris sur TikTok, accusant la plateforme de manipuler la vulnérabilité des mineurs en les rendant dépendants à des contenus morbides pour maximiser leur temps passé sur l’application.

Cette plainte, révélée par franceinfo, vise à dénoncer les « prisons mentales » créées par « la machine TikTok », selon l’avocate des familles, Laure Boutron-Marmion. Elle a rapporté avoir reçu une alerte d’un père dont la fille, hospitalisée, a déclaré avoir visionné des vidéos TikTok pour apprendre à se pendre. L’avocate souligne que la plateforme utilise un « mélange du défilement en continu et de recommandations hautement personnalisées », ce qui enferme psychologiquement les mineurs dans une spirale de mal-être.

Actuellement, une procédure civile est en cours à Créteil, tandis que le parquet de Paris mène des investigations pénales suite à un signalement du député Arthur Delaporte, à la suite d’une commission d’enquête. Cette dernière a conclu que TikTok proposait un « océan de contenus néfastes », incluant de la violence sous toutes ses formes, selon sa rapporteure, Laure Miller.

Depuis l’automne 2025, le parquet de Paris enquête notamment pour propagande de moyens de se donner la mort. Les seize familles souhaitent compléter les investigations en insistant sur le délit pénal d’abus de faiblesse, qui n’a pas encore été pris en compte dans l’enquête.

L’avocate a déclaré : « Ce sont des adolescents confrontés à des contenus morbides, sans les avoir cherchés, et qui se retrouvent englués devant une apologie de la scarification, du suicide. » Elle a ajouté que les parents ne peuvent pas agir seuls face à cette situation, soulignant que même un contrôle ou un accompagnement limité peut ne pas suffire. « Il suffit de moins d’une heure de scrolling morbide par jour pour voir son état de santé se dégrader », a-t-elle averti.

TikTok a, pour sa part, rejeté ces allégations et affirme disposer d’outils de modération de ses contenus pour les jeunes utilisateurs. Selon Me Boutron-Marmion, la plateforme fait « dans le vernis » et rien n’est fait pour modifier ses paramètres. La première plainte en Europe visant TikTok pour provocation au suicide date de septembre 2023.

Source : La Croix

Source
Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire