
Suicide de Sara à Sarreguemines : « Je m’en voudrai toute ma vie », témoigne sa maman
Sept mois après le suicide de sa fille Sara, Carole Paquin se bat pour faire vivre sa mémoire. Elle a récemment lancé une association visant à sensibiliser au harcèlement scolaire dans les établissements scolaires.
Le sourire de Sara, une jeune fille de 9 ans, est omniprésent dans la maison familiale. Un petit meuble dans le salon est dédié à sa mémoire, orné de bougies et de statues d’anges. « Les bougies sont allumées jour et nuit depuis sept mois », confie sa mère, Carole Paquin. « C’est un peu notre autel à nous, notre lieu de souvenir pour que personne ne l’oublie. »
Carole Paquin, visiblement affectée, évoque les difficultés qu’elle rencontre au quotidien. « C’est compliqué de se lever ou de dormir, malgré tous les cachets que je prends, » explique-t-elle. Elle décrit des souvenirs douloureux, notamment celui de retrouver sa fille sans vie. « Comment, à neuf ans, on peut en arriver à faire ce geste ? Comment ? », s’interroge-t-elle.
Une enquête administrative menée par le rectorat de l’académie de Nancy-Metz a confirmé des « faits graves de harcèlement scolaire ». Cette révélation attriste Carole Paquin, qui regrette de ne pas avoir vu la souffrance de sa fille. « Elle ne m’a jamais dit ‘maman, je ne veux plus aller à l’école’. Même si on me dit que ce n’est pas de ma faute, je m’en voudrai toute ma vie. »
Après la restitution des résultats de l’enquête, elle se dit soulagée que les autorités reconnaissent la situation. « On avait peur qu’ils disent qu’il n’y avait pas eu de harcèlement et que Sara était une enfant trop faible. Là, au contraire, ils se sont mis de notre côté. Pour nous, c’est vraiment une étape de gagnée. »
Alors que l’enquête judiciaire est toujours en cours, Carole Paquin attend des sanctions. « Pour que Sara ne reste pas dans l’oubli, il faut que les gens soient punis », affirme-t-elle, exprimant sa colère envers l’équipe enseignante.
Depuis le 1er avril, Carole Paquin a lancé l’association « Sara, une voix pour tous », avec pour objectif de parler du harcèlement scolaire au quotidien dans les classes. Elle déplore que ce sujet ne soit abordé que trois heures par an dans les écoles. « Les maitresses devraient prendre une demi-heure chaque matin pour débriefer de la journée précédente et régler les incidents immédiatement », souligne-t-elle.
Carole Paquin attend également un agrément pour intervenir dans les classes et lance un appel aux dons pour soutenir son initiative. Le logo de l’association représente une petite fille tenant un ballon de baudruche, symbole de l’innocence perdue.
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