Sécheresse au Pays basque : le maïs dévasté entraîne une hausse des factures agricoles.
Au Pays basque, la sécheresse dévaste le maïs et fait exploser les factures des agriculteurs
De plus en plus chaque été, l’eau vient à manquer en Aquitaine. Les agriculteurs doivent faire face à des récoltes qui grillent et du fourrage en moins pour l’hiver. À Hasparren, au Pays basque, les agriculteurs vont avoir du mal à se relever de ces deux mois et demi de sécheresse.
À bien y regarder, ces pentes arides et brûlées par le soleil ne ressemblent pas à ce que l’on connaît des paysages typiques du Pays basque verdoyant. Après deux mois et demi de sécheresse, la ressource en eau est devenue un enjeu de taille à Hasparren, commune à forte identité agricole.
La commune compte 126 exploitations, dont celle de Jean-Pierre Révorédo qui constate les dégâts du manque d’eau sur sa culture de maïs. Il décrit des zones plus caillouteuses de son champ, affirmant : « C’est comme si le pied avait grillé sur place, comme s’il n’avait pas de racines! » Ces chaleurs ont bouleversé le calendrier des agriculteurs, avec une récolte effectuée 20 jours à l’avance et un déficit de 35 % en eau.
Moins d’eau pour le maïs signifie moins de production. L’éleveur a déjà commencé à puiser dans ses stocks de fourrage pour nourrir ses animaux. « On est en train de taper dans les stocks de l’hiver. La problématique va se révéler à la fin d’année », prévient-il. En effet, les conditions climatiques difficiles ont touché de nombreuses régions, des Charentes à l’Espagne.
Jean-Pierre a mesuré l’impact de la sécheresse sur ses cultures. Cette année, il a semé le maïs le 27 avril et récolté le 31 août, pour un total de seulement 279 mm de pluie, contre 400 mm en 2025 et 744 mm en 2024. La consommation d’eau pour ses 64 bovins a également doublé, atteignant jusqu’à 100 litres par jour par animal, ce qui a multiplié par deux sa facture d’eau.
Hasparren a été l’une des premières communes placées en alerte sécheresse durant l’été 2026, un paradoxe pour une commune qui possède une centaine de sources naturelles sur le massif de l’Ursuya. Toutefois, seules une vingtaine de ces sources « abreuvant » les habitants d’Hasparren, comme l’explique la maire Isabelle Pargade. Elle rappelle qu’un réseau d’eau a été construit à partir de 80 sources pour approvisionner Bayonne à la fin du 19ème siècle, sans se soucier de la raréfaction de la ressource.
La maire souligne la nécessité de poser la question de l’eau à l’échelle de la communauté d’agglomération du Pays basque. « Puisque l’eau nous manque, il va bien falloir qu’on en récupère une partie ! » prévient-elle, alors que des épisodes caniculaires pourraient se répéter dans les années à venir.
Source : France 3 Aquitaine
