Roger Dubuis conjugue savoir-faire et innovation pour donner du relief au temps
Roger Dubuis : la mécanique en spectacle, la précision à vérifier jusque dans les mots
Le fait principal
Roger Dubuis a présenté à Watches and Wonders Geneva 2026 une nouvelle Excalibur Calendrier Perpétuel Birétrograde. Annoncée notamment dans un communiqué du 14 avril 2026, cette montre associe un nouveau mouvement automatique, le RD850, à un cadran construit sur neuf niveaux. La manufacture genevoise ne veut pas seulement mer le temps : elle entend montrer comment elle le me. (prtimes.jp)
Le résultat met en scène un savoir-faire horloger documenté. Mais derrière les promesses de précision astronomique, certains chiffres de la communication officielle méritent aussi un réglage.
Ce qui s’est passé
Deux aiguilles disposées à 3h et 9h indiquent la date et le jour de la semaine sur des échelles elliptiques. Au terme de leur parcours, elles reviennent instantanément au départ. C’est le principe de l’affichage « birétrograde » : une mécanique qui avance, puis saute en arrière pour recommencer son cycle. Les mécanismes reposent sur des ponts en forme de W, dont les angles rentrants sont polis à la main. (prtimes.jp)
Le calibre RD850, développé en interne, pilote le calendrier grâce à un système de cames et de leviers. Un correcteur dédié facilite le réglage du mois. À 6h, une phase de Lune complète l’ensemble, avec un disque d’aventurine et une lune en or rose gravée au laser. (rogerdubuis.com)
Nacre bleu astral, ouvertures et surfaces travaillées organisent la profondeur du cadran. Le boîtier en or rose conserve les trois cornes et la lunette cannelée caractéristiques de l’Excalibur. Ici, la discrétion n’est manifestement pas inscrite au cahier des charges. (rogerdubuis.com)
Le contexte
Cette nouveauté ne sort pas de nulle part. En 1989, Roger Dubuis co-brevète avec Jean-Marc Wiederrecht un affichage birétrograde, utilisé dans les premières montres de la maison en 1996. La collection Excalibur apparaît en 2005. La manufacture appartient aujourd’hui au groupe de luxe Richemont : derrière la signature du maître horloger, il y a aussi une organisation industrielle internationale. (prtimes.jp)
Un calendrier perpétuel reconnaît les différentes longueurs des mois et les années bissextiles. Pour ce modèle, l’échéance annoncée de 2100 correspond à une particularité du calendrier grégorien : cette année séculaire ne sera pas bissextile. « Perpétuel » reste donc un terme horloger, pas une abolition des exceptions du calendrier. (rogerdubuis.com)
Le Poinçon de Genève apporte, lui, un cadre de certification précis. Il porte sur la provenance, la qualité d’exécution et les performances. Les contrôles concernent notamment les fonctions, l’étanchéité, la précision de marche et la réserve de marche. Ce n’est pas simplement un joli blason ajouté au mouvement. (poincondegeneve.ch)
Les chiffres à retenir
- 28, 30 ou 31 jours : les durées des mois prises en charge, avec adaptation aux années bissextiles. (rogerdubuis.com)
- 2100 : l’échéance annoncée avant la correction liée au calendrier grégorien. (rogerdubuis.com)
- 60 heures : la réserve de marche annoncée du RD850. (rogerdubuis.com)
- 40 mm : le diamètre du boîtier en or rose. (rogerdubuis.com)
- Neuf niveaux : la construction en profondeur revendiquée pour le cadran. (rogerdubuis.com)
- 16 finitions : le nombre repris dans le texte de présentation fourni, correspondant aux entrées énumérées dans la rubrique « Décor » de la fiche officielle du calibre. (rogerdubuis.com)
- 29 jours, 12 heures et 45 minutes : le cycle lunaire indiqué par la marque, qui annonce une déviation d’un jour après 122 ans. Ces deux données sont des affirmations du fabricant. (rogerdubuis.com)
Ce que cela révèle
La précision de la montre et celle de sa présentation sont deux sujets distincts. La fiche française décrit les 29 jours, 12 heures et 45 minutes comme la durée réelle du cycle lunaire. Or la NASA donne une durée moyenne de 29 jours, 12 heures, 44 minutes et 3 secondes pour le cycle des phases. La valeur publiée par Roger Dubuis ne doit donc pas être reprise comme une donnée astronomique exacte. Cela ne suffit pas, en revanche, à établir la précision effective du mécanisme. (rogerdubuis.com)
Autre divergence : la fiche du calibre énumère 16 finitions, tandis que le communiqué japonais de Richemont en annonce 19. Cette différence documentaire ne démontre aucun défaut de fabrication. Elle appelle simplement une clarification. Quand on vend la maîtrise du temps, compter ses finitions ne devrait pas devenir une complication supplémentaire. (rogerdubuis.com)
L’intérêt de cette Excalibur demeure tangible : rendre visibles les mécanismes et le travail de finition plutôt que les dissimuler. Notre lecture est simple : on peut reconnaître la qualité artisanale sans reprendre chaque formule commerciale comme une vérité scientifique.
Ce qu’il faut retenir
La nouvelle Excalibur associe héritage birétrograde, calendrier perpétuel et construction spectaculaire. Elle mérite mieux qu’une publicité recopiée : une présentation qui distingue les caractéristiques annoncées, la certification et les points restant à éclaircir. Admirer le travail n’oblige pas à arrêter de vérifier.
