Sébastien Martin : « Made in Europe », un slogan qui fait rire les producteurs français !
Le fait principal
Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie, s’apprête à secouer le monde du « Made in Europe » lors d’une réunion cruciale à Bercy, prévue pour le 22 septembre. Au menu : la défense des industries européennes face à une concurrence étrangère jugée déloyale, à travers la mise en œuvre de l’Industrial Accelerator Act (IAA) de la Commission européenne.
Ce qui s’est passé
Six mois après la présentation de l’IAA, qui introduit le principe de « préférence européenne » dans les marchés publics, les négociations s’intensifient. Martin, accompagné de figures de l’industrie comme Louis Gallois, cherche à clarifier la position française face à une Commission européenne qu’il juge trop permissive. Il est clair que l’objectif est de « créer des industries et des usines en Europe », mais la vision actuelle de la Commission pourrait élargir cette préférence à 90 pays, transformant le « Made in Europe » en un « Made with Europe ». Pour Martin, c’est inacceptable.
Le contexte
La France, en tandem avec l’Italie, a déjà établi une position commune, et espère rallier d’autres pays comme l’Espagne et les Pays-Bas. Les discussions s’annoncent tendues, notamment avec un compromis qui pourrait restreindre le pouvoir d’appréciation de la Commission sur la liste des pays tiers éligibles. En effet, 54% des investissements annoncés depuis 2016 proviennent de groupes basés hors de l’UE, et ce chiffre atteint même 59% pour le secteur des batteries, où les investissements chinois surpassent ceux de l’Allemagne et de la France réunies.
Les chiffres à retenir
– 54% des investissements depuis 2016 proviennent de groupes hors de l’UE (source : Trendeo).- 59% pour les batteries, où les groupes chinois investissent plus que l’Allemagne et la France ensemble.
Ce que cela révèle
Derrière les discours de protectionnisme se cache une réalité bien plus complexe. Si Martin prône un renforcement de la production européenne, le constat est amer : la dépendance vis-à-vis des investissements étrangers est criante. Le RN, qui se veut le champion du patriotisme économique, devrait peut-être se pencher sur ces chiffres avant de revendiquer une souveraineté qui semble, pour l’instant, bien illusoire.
Ce qu’il faut retenir
La réunion de Bercy pourrait bien être un tournant dans la bataille pour l’industrie européenne. Alors que la France tente de tracer une ligne rouge, la question demeure : jusqu’où ira l’Europe pour protéger ses intérêts face à une mondialisation galopante ? La contradiction entre les promesses de souveraineté économique et la réalité des chiffres est
Source : Localtis, Michel Tendil
