Sages-femmes en ville : l’IVG à la rescousse d’une France qui fait l’éloge des promesses non tenues.
Le fait principal
En 2025, un quart des interruptions volontaires de grossesse (IVG) en France sont réalisées en ville par des sages-femmes, révélant une évolution significative dans l’accès à l’avortement, 50 ans après la loi Veil.
Ce qui s’est passé
La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) a publié son étude annuelle sur les IVG, mettant en lumière une hausse de 2,9 % du nombre d’IVG, portant le total à 259 400. Un fait marquant : 50 % des IVG sont désormais réalisées hors des établissements de santé, dont la moitié par des sages-femmes, autorisées à pratiquer ces actes depuis 2016.
Le contexte
Depuis les années 2000, le taux de recours à l’IVG est resté relativement stable autour de 15 pour 1 000 femmes. Toutefois, depuis 2018, ce taux a connu une légère augmentation, atteignant 17,8 pour 1 000 femmes en 2025. La pandémie de Covid-19 a temporairement freiné cette tendance, mais la reprise est désormais manifeste, particulièrement grâce à la montée des IVG médicamenteuses, qui représentent 81 % des cas en 2025.
Les chiffres à retenir
- 259 400 IVG en 2025, soit 2,9 % de plus qu’en 2024.
- 17,8 ‰ de taux de recours en 2025.
- 81 % des IVG sont médicamenteuses.
- 50 % des IVG réalisées hors établissement, dont la moitié par des sages-femmes.
- 5 % des IVG se font en établissement après 10 semaines de grossesse.
- Les DROM affichent des taux de recours deux fois plus élevés qu’en métropole.
Ce que cela révèle
Cette évolution soulève des questions sur l’accès à l’IVG en France. D’un côté, la libéralisation des pratiques par les sages-femmes semble être une avancée. De l’autre, les disparités territoriales persistent, notamment entre la métropole et les départements d’outre-mer. Pendant que certains se réjouissent de ces progrès, d’autres, comme le Rassemblement National, qui prône un retour à des valeurs traditionnelles, se retrouvent en porte-à-faux avec la réalité des chiffres. Leur discours sur la protection de la vie semble difficilement conciliable avec une réalité où les femmes prennent des décisions éclairées sur leur corps, souvent en dehors des structures médicales traditionnelles.
Ce qu’il faut retenir
En somme, 2025 marque une année charnière pour l’IVG en France, avec une montée en puissance des sages-femmes dans un contexte toujours polarisé. La loi Veil a permis des avancées, mais les défis demeurent, et les discours politiques doivent maintenant se confronter à une réalité qui ne cesse d’évoluer.
Source : Drees, septembre 2026.
