
Sur de nombreuses plages de la mer des Caraïbes et du golfe du Mexique, des amas de sargasses échouées sur le sable dérangent les voyageurs.
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D’avril à septembre, des plages recouvertes de sargasses, échauffées par le soleil, produisent des odeurs désagréables, affectant l’attrait habituel des plages de sable blanc, selon Éric Tamigneaux, professeur en aquaculture au cégep de la Gaspésie et des Îles.
Les sargasses, macroalgues brunes flottant à la surface de l’eau, n’ont pas besoin de s’accrocher au fond, ce qui leur permet de se déplacer librement.
Une prolifération de sargasses a été observée récemment au sud de la mer des Sargasses, créant ce que l’on appelle la ceinture de sargasses, qui se déplace entre l’Afrique de l’Ouest et l’Amérique centrale, atteignant le golfe du Mexique.
En général, les algues, quand elles prolifèrent, c’est souvent à cause de deux facteurs : la température et la disponibilité de nutriments, en particulier l’azote et le phosphore.
Éric Tamigneaux, professeur en aquaculture au cégep de la Gaspésie et des Îles
Les nutriments favorisant cette prolifération proviennent de sources naturelles et humaines, exacerbées par les changements climatiques, qui provoquent des remontées d’eaux riches en nutriments. Ces algues se nourrissent également des fertilisants apportés par les grands cours d’eau à leur arrivée sur les côtes américaines.
Où voyager pour éviter les sargasses ?
Les plages de la mer des Caraïbes et du golfe du Mexique ne sont pas toutes affectées de la même manière par les sargasses. Des destinations comme la Riviera Maya, au sud de Cancún, et Punta Cana, en République dominicaine, sont particulièrement touchées.
D’autres plages en Jamaïque et au Costa Rica sont également concernées.
Pour éviter les sargasses, il est conseillé d’explorer des régions comme Costa Mujeres, au nord de Cancún, ou des zones comme La Romana, Samaná et Puerto Plata en République dominicaine. Les options comme Curaçao, bien que plus coûteuses, offrent moins de fréquentation hôtelière.
En Jamaïque, la ville de Negril peut également être une alternative intéressante. Pour une expérience sans sargasses, les plages du côté pacifique, comme Puerto Vallarta, Los Cabos, ou Mazatlán au Mexique, sont recommandées.
Une odeur incommodante
Les accumulations de sargasses peuvent générer des odeurs désagréables dues à leur décomposition, particulièrement sur les plages chaudes. Cette décomposition produit du sulfure d’hydrogène, un gaz à l’odeur d’œuf pourri, qui peut être dangereux.
Les accumulations de sargasses sur « les plages où il fait 30 ºC peuvent rentrer rapidement en putréfaction. C’est là que ça devient problématique… Ça va émettre du sulfure d’hydrogène, du H₂S, un gaz qui donne cette odeur d’œuf pourri, et qui est dangereux », explique Tristan Le Goff, chercheur industriel en aquaculture.
Les symptômes d’exposition au sulfure d’hydrogène incluent irritations, maux de tête et nausées, et une surexposition peut s’avérer mortelle. Il est donc recommandé d’éviter les plages touchées par la décomposition des sargasses.
Profiter de son voyage, même avec des sargasses
Les plages peuvent présenter des variations dans l’accumulation de sargasses, avec des jours où elles sont pratiquement absentes.
Il est possible que, certains jours, il n’y ait absolument rien, et que la plage et l’eau soient incroyables. Il faut être patient. C’est la nature et on doit vivre avec ça.
Anthony Cirino, président de l’agence de voyages Club voyages universel
Des efforts de nettoyage des plages aident à garantir une expérience agréable pour les voyageurs, avec des barrières souvent installées pour limiter l’échouement des algues.
Pour les jours où la plage est moins accueillante, les visiteurs peuvent opter pour des activités alternatives, comme des excursions vers des sites historiques ou des activités aquatiques.
Source : La Presse



