
Santé mentale au travail : une crise alarmante en France
Ce 28 avril, à l’occasion de la journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, l’Organisation Internationale du Travail (OIT) souligne l’importance d’un environnement de travail psychosocial sain. La Confédération Française des Travailleurs Chrétiens (CFTC) en profite pour tirer la sonnette d’alarme sur la dégradation de la santé mentale au travail en France, qui s’est aggravée ces dernières années. Cette situation appelle les employeurs à collaborer avec les représentants du personnel pour construire des organisations de travail plus durables et protectrices de la santé physique et mentale des salariés.
Les arrêts maladie augmentent de manière significative, en partie à cause du vieillissement de la population active et de l’allongement des carrières. Plus particulièrement, les arrêts de travail pour motifs psychologiques connaissent une hausse notable depuis une dizaine d’années. La CFTC souhaite attirer l’attention sur la souffrance psychique au travail, dont les causes structurelles restent largement ignorées.
16 % des arrêts de travail liés à des troubles psychologiques
Des données récentes révèlent l’ampleur du problème. Selon la mutuelle APICIL, les arrêts pour motifs psychologiques représentent plus de 40 % des arrêts de plus de 90 jours, devançant les troubles musculosquelettiques. Le baromètre annuel de l’assureur Axa indique également que les troubles psychologiques dans les arrêts de travail de longue durée ont augmenté de près de 8 % en quatre ans. Par ailleurs, le baromètre Absentéisme 2025 de Malakoff Humanis révèle que 16 % des arrêts de travail sont désormais dus à des troubles psychologiques, faisant de cette catégorie la deuxième cause d’absence, après les maladies ordinaires (40 %). L’Assurance Maladie a également noté une augmentation de 14 % des accidents du travail liés à des affections psychiques en 2024.
Des métiers plus exposés à l’épuisement professionnel
L’accroissement de la souffrance psychique au travail varie selon les secteurs. Par exemple, près de 60 % des médecins spécialistes et 50 % des infirmiers signalent des symptômes de burn-out. De plus, 39 % des ouvriers et des employés jugent leur travail « insoutenable ». Les femmes, représentant deux tiers des demandes de reconnaissance en maladies psychiques professionnelles, sont particulièrement exposées à des contraintes liées à la nature de leurs métiers, souvent dans le secteur des services.
Appel à transformer l’organisation du travail
Cette dégradation de la santé mentale et l’augmentation des arrêts maladie soulèvent des interrogations. La CFTC estime que la situation doit être perçue comme un symptôme d’une détérioration des conditions de travail en France, exacerbée par une fragilisation du dialogue social. Les représentants du personnel manquent souvent de moyens pour prévenir efficacement les risques psychosociaux. En 2022, seuls 941 accords d’entreprise ont été consacrés aux conditions de travail sur un total de 114 000 accords signés.
Face à ces défis, il est nécessaire de repenser en profondeur l’organisation du travail, en renforçant les règles et les moyens pour encadrer les délais, la définition des tâches, et le rapport à la hiérarchie. Ces changements structurels sont cruciaux pour garantir un environnement de travail plus soutenable, tant sur le plan psychique que psychologique.
Source : CFTC, APICIL, Axa, Malakoff Humanis, Assurance Maladie





