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JGI/Jamie Grill / Getty Images/Tetra images RF
Y a-t-il vraiment plus de ruptures au printemps ?
Les jours rallongent et le soleil fait son grand retour. Les arbres bourgeonnent et, avec eux, peut-être, vos envies de papillonner. Dans l’imaginaire collectif, le printemps est associé aux nouvelles rencontres, à la naissance de sentiments amoureux et au désir sexuel retrouvé. Cela signifie-t-il aussi que le printemps est une période privilégiée pour les ruptures afin de profiter, en quelque sorte, de ce renouveau ?
Plusieurs articles dans la presse française affirment que le mois d’avril est privilégié pour les séparations, s’appuyant notamment sur une étude américaine très largement reprise au cours des dernières années. Mais les histoires de couple finissent-elles vraiment plus fréquemment au cours de la saison qui s’ouvre ce vendredi 20 mars ? Pour trancher la question, Le HuffPost a épluché plusieurs sources et vous livre les résultats.
Et la réponse est… que personne n’a véritablement de certitudes sur le sujet. Reprenons la fameuse étude publiée en 2016 par l’Université de Washington, à Seattle. Elle est souvent citée dans la presse française avec des erreurs : elle ne conclut pas à une hausse des demandes de divorce en avril, contrairement à ce que relaient certains articles.
Plus de divorces, mais…
Que disent exactement ces travaux ? Que les dépôts de dossier de divorce connaissent des pics très nets en mars et en août. Selon l’hypothèse des chercheurs, qui ont analysé les dossiers de l’État situé à l’ouest des États-Unis entre 2001 et 2015, ce phénomène découlerait de ruptures liées au stress des vacances – d’été comme de fin d’année.
Pour les séparations estivales, le dépôt des papiers du divorce interviendrait massivement en août sous la pression de la rentrée scolaire, suggèrent encore les chercheurs. Pour les ruptures survenues autour de Noël, les couples prendraient plus de temps pour « mettre de l’ordre dans leurs finances, trouver un avocat ou tout simplement prendre leur courage à deux mais pour entamer une procédure de divorce », suppose Julie Brines, professeure de sociologie.
Allons voir du côté de Facebook, avec sa fameuse fonction « situation amoureuse ». Dans un ouvrage intitulé The Visual Miscellaneum (non traduit) paru en 2009, l’infographiste britannique David McCandless a publié un graphique s’appuyant sur les données du réseau social à une époque où il était particulièrement populaire.
Ce qu’en dit ChatGPT
Résultat : le passage du statut « en couple » à « célibataire » croît progressivement à partir de janvier avant d’atteindre un pic à la mi-mars, juste avant le début du printemps, donc. Un autre pic culmine début décembre, deux semaines avant Noël, comme le montre le graphique ci-dessus.
Pour utiliser des outils plus contemporains, nous avons posé la question à ChatGPT. « Y a-t-il une période de l’année durant laquelle tu as davantage de questions sur la façon d’annoncer ou de surmonter une rupture ? » Réponse : « Juste après les fêtes de fin d’année (janvier-février), c’est probablement le pic principal. ».
Et d’ajouter que « beaucoup de couples “tiennent” jusqu’à Noël ou au Nouvel An pour éviter le malaise familial ou la solitude pendant les fêtes ». Des observations qui semblent donc corroborer celles de Facebook en son temps. Toutefois, l’assistant conversationnel identifie aussi d’autres périodes durant lesquelles ces sujets sont davantage abordés : « Avant l’été (mai-juin) », à la rentrée et autour de la Saint-Valentin.
Des indices pour le printemps
Preuve que plus on s’intéresse à la question, moins on a de certitudes, un sondage publié il y a deux ans au Royaume-Uni par l’opérateur SkyMobile conclut que le printemps est considéré comme une période propice aux ruptures. Selon cette enquête, 63 % des Britanniques « pensent que mai est le meilleur mois pour rompre avec son ou sa partenaire ».
Dans un article publié sur le site du magazine américain Psychology Today, la psychothérapeute Chamin Ajjan assure également que « les ruptures amoureuses sont plus fréquentes au printemps qu’à toute autre période de l’année ». « Dans ma pratique, je vois souvent des clients au printemps qui se posent de nouvelles questions sur eux-mêmes et leurs relations, des questions qui n’avaient pas émergé pendant la période de calme hivernal », poursuit-elle.
En résumé, la saisonnalité des ruptures est une question toujours en suspens, sur laquelle la recherche s’est encore peu penchée. Mais si vous songez à mettre un terme à une relation, sachez que le calendrier de votre cœur est toujours le bon.






