Royaume-Uni : le pays qui veut réduire le droit de veto, mais pas celui des discours à l’extrême droite !
Le fait principal
Le Royaume-Uni a rejoint l’initiative franco-mexicaine visant à limiter l’usage du droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU, devenant ainsi le 128e État à soutenir cette démarche. Une avancée qui pourrait redéfinir les contours du droit international humanitaire, mais qui reste à nuancer.
Ce qui s’est passé
Jean-Noël Barrot, ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, a annoncé cette nouvelle lors d’un point de presse à l’ONU. Il a précisé que le Royaume-Uni est désormais le deuxième membre permanent du Conseil de sécurité, après la France, à s’engager à ne pas exercer son droit de veto en cas de génocides ou de crimes contre l’humanité. Pour Barrot, cette dynamique témoigne d’un progrès significatif dans la réforme du Conseil de sécurité.
Le contexte
Proposée par la France en 2013, cette initiative vise à instaurer un mécanisme d’autolimitation volontaire des membres permanents du Conseil de sécurité. Depuis 2015, la France et le Mexique ont travaillé ensemble pour promouvoir cette déclaration politique, qui ne prévoit pas la suppression du droit de veto mais un engagement à ne pas bloquer les décisions lors de situations de crise majeure. Le Conseil de sécurité, souvent critiqué pour son inaction face aux crimes de masse, pourrait voir sa légitimité renforcée si davantage de pays rejoignent cette initiative.
Les chiffres à retenir
- 128 États soutiennent désormais l’initiative, contre 107 il y a six mois.
- Le Royaume-Uni est le deuxième membre permanent à soutenir cette démarche.
Ce que cela révèle
Cette initiative, bien qu’encourageante, soulève des questions sur la véritable volonté des membres permanents de renoncer à leur pouvoir. La déclaration de Barrot souligne l’incapacité du Conseil à agir efficacement, ce qui met en lumière les abus passés du droit de veto par certains pays. Si le Royaume-Uni semble jouer le jeu, qu’en est-il des autres membres permanents, notamment la Russie et la Chine, souvent critiqués pour leur usage du veto dans des situations d’urgence humanitaire?
Le RN, qui se veut souvent le champion de la souveraineté nationale, pourrait bien se retrouver piégé dans un double discours. Alors que les membres permanents du Conseil de sécurité s’engagent à ne pas bloquer des décisions cruciales, le RN prône une Europe des nations où chaque pays serait libre d’agir sans entraves. Une belle promesse sur le papier, mais qui semble en contradiction avec les réalités géopolitiques actuelles.
Ce qu’il faut retenir
Le soutien du Royaume-Uni à l’initiative franco-mexicaine est un pas en avant pour le droit international, mais reste à voir si cette dynamique se traduira par des actions concrètes au sein du Conseil de sécurité. La question se pose : les promesses politiques peuvent-elles vraiment changer la donne face aux réalités du pouvoir international ?
Source : Ukrinform
