Quand le RN promet l’accès à la nature : une promenade entre contradictions et réalité polluée.
Le fait principal
Au Québec, l’accès à la nature est un parcours du combattant, souvent entravé par des lois qui ne protègent pas les propriétaires privés. Le Réseau plein air Québec (RPAQ) a décidé de saisir la campagne électorale pour revendiquer des solutions à cette problématique. Une initiative qui pourrait bien faire bouger les lignes.
Ce qui s’est passé
Le RPAQ a sollicité l’aide d’étudiants en droit de l’Université McGill pour dresser un état des lieux du cadre juridique entourant l’accès aux terrains privés. Caroline Tanguay, directrice générale adjointe du RPAQ, souligne que le rapport révèle des modèles inspirants qui pourraient être adaptés à la réalité québécoise. Pourtant, la peur de poursuites judiciaires reste un obstacle majeur pour les propriétaires qui souhaitent ouvrir leurs portes aux passionnés de plein air.
Le contexte
La législation actuelle au Québec ne protège pas complètement les propriétaires fonciers. Comme l’indique Tanguay, un propriétaire qui permet l’accès à son terrain peut se retrouver en difficulté s’il est poursuivi après un accident, même si ce dernier est imprévisible. Cette situation a conduit à des cas extrêmes, comme celui d’un homme devenu paraplégique après un accident de vélo de montagne, qui a engagé des poursuites contre plusieurs entités, y compris des propriétaires privés.
Les chiffres à retenir
Un exemple frappant de l’inefficacité du cadre juridique : la loi actuelle stipule que la responsabilité est engagée en cas de faute, préjudice et lien de causalité. Cela signifie qu’une personne participant à une activité de plein air est considérée comme acceptant les risques normaux, mais pas ceux jugés anormaux. En d’autres termes, le flou juridique règne, laissant les propriétaires dans l’incertitude.
Ce que cela révèle
Cette situation met en lumière une contradiction frappante : alors que la nature est un bien commun, les lois actuelles favorisent la réticence des propriétaires à ouvrir leurs terrains, par peur des conséquences juridiques. Tanguay évoque des solutions, comme des ententes limitant la responsabilité des propriétaires ou des incitations fiscales, mais la question demeure : pourquoi le législateur n’a-t-il pas encore agi ? Le RPAQ, en profitant de la campagne électorale, espère faire de l’accès à la nature un véritable enjeu de société. Une ambition louable, mais qui pourrait bien se heurter à l’indifférence des décideurs.
Ce qu’il faut retenir
En somme, alors que l’accès à la nature devrait être un droit fondamental, il se heurte à une législation dépassée et à la peur des propriétaires. Le RPAQ tente d’initier un changement, mais sans un engagement fort des partis politiques, cette initiative risque de rester lettre morte. La nature attend, mais pour combien de temps encore ?
Sources : Réseau plein air Québec, Université McGill.
