RN 2027 : Quand l’extrême droite fait le choix pro-Ukraine, un revirement à géométrie variable !
Le fait principal
Le Rassemblement National (RN), longtemps perçu comme un allié de la Russie, a récemment publié un communiqué étonnamment ferme à l’égard de Moscou. Ce revirement, signé par Marine Le Pen et Jordan Bardella, survient dans un contexte politique tendu, à l’approche des élections présidentielles de 2027.
Ce qui s’est passé
Le 19 septembre, au lendemain d’une réunion à l’Élysée sur la menace hybride russe, les dirigeants du RN ont exprimé leur détermination à ne pas laisser la Russie dicter la politique française. Dans un ton inhabituel pour un parti qui a longtemps flatté le Kremlin, ils ont déclaré : « Nous ne tolérerons jamais que la Russie espère dicter la politique de notre pays par l’intimidation, la menace, la déstabilisation ou la pression psychologique. » Ce changement de ton est perçu par certains comme une tentative de se défaire d’une image pro-russe, renforcée par des liens financiers passés.
Le contexte
Le RN a longtemps été critiqué pour ses liens avec la Russie, notamment pour avoir emprunté à une banque russe et pour les visites de Marine Le Pen à Vladimir Poutine. À l’heure où l’extrême droite française semble s’installer durablement dans le paysage politique, ce communiqué vise à rasr un électorat inquiet face à la guerre en Ukraine et à la montée des tensions géopolitiques. Un proche de Le Pen a même souligné l’importance de cette fermeté à l’approche des élections.
Les chiffres à retenir
Bien qu’aucune statistique spécifique ne soit mentionnée dans ce contexte, Les sondages montrent un soutien croissant pour le parti, mais aussi une méfiance persistante envers ses positions sur la Russie.
Ce que cela révèle
Ce revirement, cependant, ne convainc pas tout le monde. Les critiques, notamment du camp macroniste, évoquent un double discours. Ils pointent du doigt une ambiguïté dans les propos de Bardella, qui a minimisé la menace russe lors de la même réunion. De plus, Marine Le Pen a déclaré qu’elle ne souhaitait plus soutenir financièrement l’Ukraine, tout en proposant une aide matérielle. Ce flou laisse planer le doute quant à la sincérité de ce soutien, et certains au sein du RN se questionnent même sur la stratégie à adopter. Un ancien ministre a résumé la situation avec un sarcasme désabusé : « À la fois les pro-ukrainiens ne les croiront pas, et les pro-russes vous qualifieront de traîtres. » Un véritable numéro d’équilibriste qui pourrait bien se retourner contre eux.
Ce qu’il faut retenir
Le RN tente de se repositionner sur la scène politique en affichant une fermeté inédite face à la Russie. Mais cet effort de redressement est entaché de contradictions et d’ambiguïtés. À l’approche des élections, les électeurs devront naviguer à travers un discours qui oscille entre fermeté affichée et soutien timide, laissant planer le doute sur les véritables intentions du parti. Source : RFI
