« Repas à un euro » pour tous les étudiants : un budget de 50 millions d’euros et un casse-tête logistique

Repas à un euro pour tous les étudiants : un budget de 50 millions d’euros et un casse-tête logistique

À partir du lundi 4 mai, tous les étudiants, indépendamment de leurs revenus, pourront se restaurer dans les restaurants universitaires pour un euro. Cette mesure, longtemps réclamée par les organisations étudiantes, a été intégrée au budget 2026 comme une concession du gouvernement aux députés socialistes.

Actuellement, le repas à un euro est réservé aux étudiants boursiers et en difficulté financière. Les autres étudiants, jusqu’à présent, payaient 3,30 €. Ce dispositif avait été temporairement appliqué durant la crise du Covid.

50 millions d’euros alloués

Dans le cadre du budget 2026, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé en janvier plusieurs mesures en faveur du pouvoir d’achat, dont le repas à un euro. Pour compenser le manque à gagner, estimé entre 8 et 9 € par repas, 50 millions d’euros seront alloués. Ces fonds serviront également à recruter du personnel et à investir dans le matériel de restauration.

Les Crous, qui gèrent environ 800 points de vente, pourront ainsi recruter 204 emplois équivalents temps plein (ETP), en prévision d’une augmentation de 12 % des étudiants non boursiers. Cependant, cette mesure est jugée insuffisante par Raymond Rivière, représentant syndical au Crous d’Amiens-Picardie, qui évoque une intensification du travail pour les agents.

Un risque de saturation ?

Le principal défi reste le risque de saturation des services, notamment en ce qui concerne la capacité d’accueil, la quantité de repas à servir et les files d’attente. Bénédicte Durand, présidente du Cnous, a souligné cette préoccupation lors d’un déplacement à Bordeaux. Actuellement, plus de 50 % des passages en caisse se font entre 12 h et 13 h, période déjà très fréquentée.

Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a insisté sur la nécessité de veiller à ne pas évincer les boursiers dans ce nouveau système.

Un test avant la rentrée universitaire d’automne

Cette initiative, qui débute en mai, se déroule en période creuse et pourrait servir de test avant la rentrée universitaire d’automne, où la fréquentation est généralement plus élevée. Des étudiants, comme Juliette, témoignent de l’impact positif de cette mesure sur leur budget.

Cependant, des inquiétudes persistent quant à la pérennité de cette initiative. Suzanne Nijdam, présidente de la Fage, a exprimé des réserves sur la suffisance du budget alloué, soulignant que certains étudiants, notamment ceux en santé, pourraient ne pas bénéficier pleinement du dispositif.

Une mesure inapplicable ?

Nicolas Oget, co-coordinateur du réseau des vice-présidents d’université, a également soulevé des questions sur l’effectivité de la mesure pour les étudiants sur des sites sans restaurant Crous. En 2025, ces structures ont servi plus de 44 millions de repas, dont la moitié pour des étudiants boursiers et précaires.

Source : La Croix

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