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Réparations de l’esclavage : en Martinique, le MIR interpelle directement des descendants d’esclavagistes
Le Mouvement International pour les Réparations (MIR) a franchi une nouvelle étape dans son combat pour la reconnaissance des conséquences de l’esclavage. Le 30 avril dernier, des organisations de Guadeloupe, Martinique, Guyane et La Réunion ont adressé une lettre ouverte à des descendants d’esclavagistes, une démarche qui fait suite à une première sommation publique restée sans réponse l’année précédente.
Cette fois, les courriers sont envoyés de manière nominative, réaffirmant la demande de réparations « morales, matérielles et financières » pour les conséquences de l’esclavage, s’appuyant sur des résolutions portées par l’Organisation des Nations unies.
Dans cette lettre, le MIR interpelle notamment les Blancs-Pays (Guadeloupe) et Békés de Martinique, tout en visant certaines figures économiques de premier plan, dont Bernard Hayot et son groupe. Le mouvement, présidé par Garcin Malsa, estime que ces grandes familles contrôlent une part significative de l’économie locale et sont les bénéficiaires directs de l’accumulation issue du système esclavagiste, ainsi que de l’indemnité versée aux anciens propriétaires d’esclaves au XIXe siècle.
Au cœur de l’argumentaire se trouve la loi du 30 avril 1849, qui a permis d’indemniser les anciens propriétaires d’esclaves suite à la seconde abolition. Ces derniers avaient reçu des capitaux ainsi qu’une rente annuelle sur vingt ans, une décision aujourd’hui contestée par le MIR, qui remet en cause sa légitimité et souligne l’absence totale de compensation pour les personnes réduites en esclavage. Quatorze familles sont citées dans cette lettre, relançant ainsi le débat sur les responsabilités historiques et leurs prolongements contemporains.
Pour le MIR, le moment est venu d’ouvrir un dialogue concret autour des réparations, et l’organisation se dit prête à définir les modalités avec les parties concernées. Au-delà des revendications financières, elle insiste sur la nécessité d’un geste global, incluant des réparations morales et symboliques. Selon le MIR, cette démarche constituerait « la seule voie possible pour parvenir à une difficile réconciliation » dans des sociétés encore marquées par les héritages de l’esclavage.
Source : La1ere.fr





