
Chanteurs de rue à Rennes : un arrêté municipal suscite la controverse
Un nouvel arrêté municipal, pris le 4 mai 2026, encadre plus strictement les activités des artistes de rue à Rennes, provoquant une vive polémique. Rodrigue Pailhès, chanteur emblématique de la rue Le Bastard et du marché Saint-Germain, a lancé une pétition pour demander le retrait de ce texte, qu’il estime menaçant pour son activité. Pour certains commerçants et riverains, cette décision répond à une fatigue sonore devenue insupportable.
À Rennes, les sons de la ville, tels que les conversations, le bruit des bus et la musique de rue, font partie du paysage urbain. Rodrigue Pailhès, qui chante depuis plus de trente ans dans le centre-ville, est perçu par certains comme une source de poésie, tandis que d’autres le vivent comme une contrainte sonore répétée.
L’arrêté municipal impose que les prestations des artistes de rue se déroulent entre 10 h et 19 h, limitant leur présence à une heure au même endroit et interdisant de jouer à moins de 200 mètres du lieu de leur précédente performance. Bien que cela vise à éviter une saturation sonore, cette réglementation modifie considérablement les habitudes des artistes.
Rodrigue Pailhès a exprimé son inquiétude dans une lettre ouverte, affirmant que le nouvel arrêté rompt un équilibre préexistant entre les artistes et la tolérance des riverains et commerçants. Sa pétition dénonce ce qu’il considère comme une gentrification galopante et un recul des libertés publiques.
De l’autre côté, certains commerçants du marché de Saint-Germain témoignent d’une lassitude face aux performances répétées de Pailhès, décrivant ses chansons comme devenues « insupportables ». Ce sentiment est partagé par des clients qui remarquent un manque de diversité musicale.
L’arrêté s’inscrit dans un contexte plus large de régulation des activités artistiques dans l’espace public, répondant à des plaintes de nuisances sonores. Il pose la question de la coexistence entre l’animation culturelle et le besoin de tranquillité des résidents et des commerçants.
En conclusion, cet arrêté révèle des tensions autour de l’utilisation de l’espace public à Rennes, où se croisent les droits des artistes et les attentes des habitants. La ville doit trouver un équilibre pour préserver la vitalité de sa scène musicale tout en respectant la tranquillité de ses citoyens.
Source : Unidivers.






