
Québec solidaire propose des « Costco québécois » publics
Québec — Québec solidaire (QS) souhaite établir des « Costco québécois » publics, des magasins alimentaires à grande surface destinés à aider les familles à réduire leur facture d’épicerie en proposant des produits locaux. Cette initiative sera présentée par la députée Alejandra Zaga Mendez lors du congrès de QS, qui se tient ce week-end à Montréal.
La proposition s’inscrit dans une tendance observée chez plusieurs partis de gauche cherchant des solutions à l’inflation des prix alimentaires, un problème qui touche particulièrement les ménages les plus vulnérables. Québec solidaire envisage la création d’un grossiste alimentaire qui pourrait offrir des prix compétitifs en achetant en gros, fournissant ainsi des aliments aux institutions publiques telles que les écoles et les hôpitaux, tout en vendant directement aux consommateurs dans le cadre d’un projet pilote.
« Ça serait de style entrepôt, un modèle Costco québécois qui nous permettrait de faire des économies d’échelle », a déclaré Mme Zaga Mendez. QS souligne que le marché alimentaire est actuellement dominé par un petit nombre de grandes enseignes, dont Walmart et IGA, dont les marges de profit continuent d’augmenter malgré l’inflation.
Cependant, cette proposition a suscité des critiques. Selon une étude de l’Institut économique de Montréal, les épiceries publiques ne feraient économiser que 18 $ par mois par personne. En revanche, QS s’appuie sur une recherche du Centre canadien de politiques alternatives, qui estime que les consommateurs pourraient voir leur facture réduite de 30 à 45 %.
Maurice Doyon, professeur à l’Université Laval, remet en question l’efficacité de cette approche, suggérant que les coopératives alimentaires pourraient être une solution plus viable pour lutter contre les déserts alimentaires. Il souligne également que l’inflation alimentaire est attribuable à des coûts croissants dans l’agriculture et la transformation alimentaire.
QS propose un investissement initial d’environ 100 millions de dollars pour établir une chaîne logistique pour ce projet, avec un budget annuel de 85 millions par la suite. Toutefois, M. Doyon questionne cette stratégie, suggérant que l’augmentation de l’aide financière aux ménages défavorisés pourrait être une alternative plus directe pour réduire les coûts alimentaires.
Source : La Presse




