
Affaire Epstein : Limogeage d’Olly Robbins, le haut fonctionnaire britannique
Le premier ministre britannique, Keir Starmer, a limogé Olly Robbins, le plus haut fonctionnaire des services diplomatiques, suite à de nouvelles révélations concernant la nomination de Peter Mandelson, ex-ambassadeur aux États-Unis, en raison de ses liens avec Jeffrey Epstein. Cette décision, annoncée le 17 avril, intervient dans un contexte de crise politique, alors que Starmer fait face à des appels à la démission.
Les médias britanniques rapportent que Robbins a été démis de ses fonctions après que Starmer a été accusé d’avoir menti au Parlement sur l’étendue des relations de Mandelson avec Epstein. En septembre dernier, Starmer avait déjà limogé Mandelson, l’accusant d’avoir « menti de manière répétée » sur ses contacts avec le financier décédé.
Le journal The Guardian a révélé que le ministère des Affaires étrangères avait accordé une habilitation de sécurité à Mandelson en janvier 2025, malgré un avis défavorable concernant ses antécédents. Un porte-parole de Starmer a confirmé que ni le Premier ministre ni son gouvernement n’étaient au courant de ces éléments avant le début de la semaine.
La cheffe de l’opposition conservatrice, Kemi Badenoch, a déclaré sur X que Starmer avait « trahi la sécurité nationale » et devait démissionner. Ed Davey, leader des libéraux-démocrates, a ajouté que si Starmer avait induit le Parlement en erreur, il devait partir.
Tenir des propos trompeurs devant le Parlement est considéré comme une infraction grave dans la démocratie britannique. Richard Tice, député du parti Reform UK, a jugé « inconcevable » que le Premier ministre n’ait pas interrogé le processus de nomination. L’ancien ministre des Affaires étrangères, James Cleverly, a accusé le gouvernement de faire de Robbins un « bouc émissaire ».
David Lammy, actuel ministre de la Justice et vice-Premier ministre, n’a pas encore commenté la situation. Ce limogeage survient alors que Starmer se prépare à se rendre à Paris pour une réunion sur la circulation dans le détroit d’Ormuz, dans un climat de tensions croissantes au Moyen-Orient.
L’affaire Mandelson avait déjà conduit Starmer à présenter des excuses aux victimes d’Epstein et à exprimer ses regrets quant à sa nomination. Son chef de cabinet et son directeur de la communication avaient démissionné à la suite de ces événements.
Le gouvernement a réaffirmé son engagement à publier les documents relatifs à la nomination de Mandelson, qui avait déjà été partiellement divulgués en mars. Ceux-ci montrent que Starmer avait été averti des risques réputationnels liés à Mandelson avant sa nomination. Une enquête policière a également été ouverte sur les activités de Mandelson, notamment des allégations selon lesquelles il aurait transmis des informations sensibles lorsqu’il était ministre entre 2008 et 2010.
Source : La Croix




