Quatorze nouveaux lits à l’hôpital de Poindimié, mais toujours pas d’urgences sur la côte Est

Quatorze nouveaux lits à l’hôpital de Poindimié, mais pas d’urgences sur la côte Est

Le centre hospitalier du Nord (CHN) a annoncé le 4 mai la réouverture progressive de quatorze lits de soins de suite polyvalents à l’hôpital Raymond-Doui-Nebayes de Poindimié. Cette reprise d’activité est présentée comme une « montée en charge progressive » du site. Cependant, le docteur Willy Abayizeye, médecin en poste à Poindimié depuis octobre 2024, souligne qu’il n’y a aucun changement pour les patients de la côte Est : « Le vrai problème pour la population, c’est qu’il n’y a plus de service d’urgence. »

Les lits rouverts accueillent principalement des patients transférés depuis le pôle sanitaire de Koné après une hospitalisation. Le docteur Abayizeye précise que cette mesure vise à désengorger le service de médecine de Koné.

Situation compliquée pour la population

L’activité de l’hôpital de Poindimié avait déjà été fortement réduite en juillet 2024, en raison d’un manque de médecins disponibles. À partir d’août, les urgences ont été fermées la nuit et les week-ends, orientant les patients vers Koné en cas d’urgence. Cette réorganisation a engendré des situations difficiles, comme le souligne le médecin : « J’ai eu récemment un patient qui n’avait pas de moyen de déplacement. Il a dû emprunter une voiture pour se rendre à Koné, alors qu’il venait pour une urgence qui devait être prise en charge rapidement. »

L’annonce de la réouverture des lits a également suscité de l’incompréhension parmi les habitants, qui espéraient un retour à une activité hospitalière plus large. Le docteur Abayizeye indique : « Après la réouverture du SSR [soins de suite et de réadaptation], des patients sont venus en pensant pouvoir être pris en charge pour des urgences. »

Problème de ressources humaines

Concernant la « montée en charge » annoncée par le CHN, le docteur Abayizeye évoque des difficultés de recrutement persistantes. « Je pense surtout qu’il y a un problème de ressources humaines. On essaie de recruter des médecins urgentistes, des infirmiers, mais on n’arrive pas à trouver de candidatures. » Ce contexte de désert médical fragilise l’offre de soins dans le Nord. « Quand quelqu’un arrive avec une urgence et qu’on ne peut pas lui apporter immédiatement une solution sur place, c’est compliqué humainement », déclare-t-il.

La réouverture partielle du site a cependant permis à certains soignants affectés à Koné de revenir travailler sur la côte Est. « Beaucoup habitent ici, ont leur famille ici. Pour eux aussi, c’est un soulagement », souligne le praticien. Malgré cette reprise d’activité, l’hôpital reste fragile. « J’ai envie d’aider, de m’investir, mais quand on voit la situation, c’est compliqué. On est quand même gênés de ne pas pouvoir répondre aux demandes de la population », conclut-il.

Source : LNC

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