Deux manifestants lors du rassemblement organisé pour commémorer les cinquante ans de l’occupation de l’église Saint-Nizier par un collectif de travailleuses du sexe à Lyon, en France, le 2 juin 2025. Durant cette occupation de dix jours, près de deux cent femmes ont protesté contre la répression policière et les exclusions qu’elles subissaient. ELSA BIYICK / HANS LUCAS VIA AFP
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C’est un anniversaire que tout le monde ne souhaite pas célébrer. Il y a dix ans jour pour jour, le 13 avril 2016, la loi Olivier-Coutelle, visant à lutter contre le système prostitutionnel, a été promulguée après deux ans et demi d’intenses débats. Depuis, les 40 000 personnes en situation de prostitution en France – un chiffre probablement sous-évalué – ne sont plus concernées par le délit de racolage. Ce sont désormais les clients qui sont pénalisés : l’achat de tout acte sexuel étant passible d’une amende de 1 500 euros et 3 750 en cas de récidive. Une décennie après le vote de cette législation, quel bilan peut-on tirer de son application ?
A l’époque, le Parti socialiste et le Front de gauche avaient majoritairement voté pour, tandis que les Ecologistes, les Républicains et les Radicaux de gauche, y étaient plutôt opposés. Aujourd’hui, la loi portée par les députées socialistes Maud Olivier et Catherine Coutelle est largement soutenue…
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Prostitution : un anniversaire que personne ne veut célébrer
C’est un anniversaire que tout le monde ne souhaite pas célébrer. Il y a dix ans jour pour jour, le 13 avril 2016, la loi Olivier-Coutelle, visant à lutter contre le système prostitutionnel, a été promulguée après deux ans et demi d’intenses débats. Depuis, les 40 000 personnes en situation de prostitution en France – un chiffre probablement sous-évalué – ne sont plus concernées par le délit de racolage. Ce sont désormais les clients qui sont pénalisés : l’achat de tout acte sexuel étant passible d’une amende de 1 500 euros et 3 750 en cas de récidive. Une décennie après le vote de cette législation, quel bilan peut-on tirer de son application ?
Ce qui se passe réellement
La loi, soutenue majoritairement par le Parti socialiste et le Front de gauche, a été conçue pour protéger les personnes en situation de prostitution. Cependant, les critiques fusent : les clients sont pénalisés, mais qu’en est-il des conditions de vie des travailleuses du sexe ? Les promesses de protection et de soutien se heurtent à une réalité bien plus complexe. Les 40 000 personnes concernées continuent de vivre dans l’ombre, souvent sans accès aux droits fondamentaux.
Pourquoi cela dérange
L’absurdité de la situation est frappante. On pénalise les clients, mais on laisse les travailleuses du sexe dans un état de précarité. La loi, censée être un bouclier, ressemble davantage à une épée à double tranchant. Les discours politiques vantant une protection des plus vulnérables se heurtent à la réalité d’un système qui ne fait qu’aggraver leur situation.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences sont directes : les travailleuses du sexe se retrouvent souvent isolées, sans soutien, et exposées à des violences. La criminalisation des clients n’a pas conduit à une diminution de la prostitution, mais a plutôt exacerbé les risques pour celles qui exercent ce métier. Les promesses de sécurité se sont évaporées, laissant place à une précarité accrue.
Lecture satirique
Ah, la loi Olivier-Coutelle, ce chef-d’œuvre de la législation française ! On pourrait croire qu’elle a été écrite par un scénariste de comédie dramatique tant les incohérences s’accumulent. Les politiques promettent protection et dignité, mais en réalité, ils offrent une amende salée aux clients tout en laissant les travailleuses du sexe à la merci de leurs prédateurs. Une belle ironie, n’est-ce pas ?
Effet miroir international
Si l’on regarde au-delà des frontières, on constate que cette dérive n’est pas unique à la France. Aux États-Unis, des lois similaires sont mises en place, souvent sous le prétexte de protéger les femmes, mais qui finissent par les marginaliser davantage. En Russie, la répression des travailleuses du sexe s’accompagne de discours ultraconservateurs, prônant une moralité douteuse tout en ignorant les réalités de terrain.
À quoi s’attendre
Les tendances actuelles laissent présager une poursuite de cette législation, mais à quel prix ? Si rien ne change, nous pourrions voir une aggravation des conditions de vie des travailleuses du sexe, accompagnée d’un discours politique déconnecté des réalités. La question demeure : qui défend réellement les droits de ces femmes ?
Sources

Visuel — Source : www.nouvelobs.com


