Présidentielles 2027 : Émissions politiques en hausse, enjeux pour les candidats identifiés.
Présidentielles 2027 : Trop d’émissions politiques, une chance ou un risque pour les candidats ?
Un débat raté, une confession émouvante, un panel piège… Les politiques abordent la rentrée dans un espace médiatique effervescent, entre opportunité de présenter leurs idées et risque de banalisation de leur parole à sept mois de la présidentielle. Pas moins de sept émissions de près d’une heure le dimanche, cinq parfois plus longues le soir en semaine, sans compter les habituelles matinales et plateaux de débat : sur les seuls médias traditionnels, les partis politiques sont priés de se déployer du matin au soir, une course de fond alors que la liste des candidats à l’Élysée est encore loin d’être définitive.
Un rythme à tenir
« Beaucoup de politiques disaient avant l’été que les Français n’étaient pas dedans, que la présidentielle était loin… On pense au contraire que les Français sont dedans : nos audiences sont là pour en témoigner », explique à l’AFP Marie Chantrait, cheffe du service politique de BFMTV. « Ce n’est pas comme si on forçait le débat, on voit les audiences : il y a un gros intérêt », abonde Adrien Gindre, chargé du pilotage de la couverture présidentielle sur TF1, LCI et TF1info. Il cite un million de spectateurs en moyenne durant les trois heures de débat au Medef fin août. « Ça commence très tôt et très fort, je ne sais pas si les candidats vont tenir le rythme, si les Français vont tenir le rythme », s’inquiète Hervé Béroud, directeur des rédactions du groupe M6, auquel appartient notamment RTL.
Risque de banalisation
Du côté des politiques, cette multiplication des occasions d’intervenir est un paramètre à prendre en compte dans une campagne présidentielle qui s’annonce longue et imprévisible. Au sein de la France Insoumise, la répartition des émissions s’organise « en fonction des disponibilités des uns et des autres, selon les lignes de front qu’on occupe chacun », explique Manuel Bompard, coordinateur du parti. « C’est une opportunité de pouvoir débattre des problèmes des gens et des solutions qu’on peut apporter », estime l’équipe d’Olivier Faure, voyant dans la floraison de multiples formats « l’occasion de faire émerger de nouveaux visages ».
Mais au-delà de la logistique, la question de la « banalisation » de la parole politique se pose dans de nombreux camps. Même si les chaînes s’en défendent, arguant que les différents formats ou les personnalités des intervieweurs ont pour but de « ne pas lasser le spectateur », as Marie Chantrait. Édouard Philippe, qui se prépare à être candidat, reconnaît que « l’époque est à la profusion, à l’abondance des expressions ». Un membre de son équipe s’agace : « Tu ne peux pas faire une campagne et te taper toutes les émissions comme ça », affirmant que les invitations faites à son candidat sont mises sur « liste d’attente ».
Le risque du trop-plein
Autre risque : la bourde. À force de courir les plateaux, peu de candidats ont évité l’écueil d’une déclaration malheureuse, relayée sur les réseaux sociaux par leurs adversaires. Le délicat exercice des interpellations par des panels de Français triés par les chaînes a également mis certains candidats en difficulté. Raphaël Glucksmann et Fabien Roussel en ont fait l’expérience récemment.
Après plus d’une heure d’interview en face-à-face, Marine Tondelier a invoqué avoir été « déstabilisée » par une question sur Georges Pompidou à laquelle elle n’a pas répondu. Ces prestations deviennent rapidement des faits de campagne, et les candidats doivent y répondre dans les émissions suivantes. Édouard Philippe a récemment été accusé par l’extrême droite d’être un « flemmard » pour avoir suggéré qu’un président élu en mai ne devrait idéalement prendre ses fonctions qu’en septembre.
Marine Tondelier estime néanmoins qu’il « n’y a jamais trop de débats » et se réjouit de l’intérêt des Français. Cependant, elle déplore que des extraits d’émissions soient souvent utilisés sur les réseaux sociaux pour créer des polémiques, poussant les intervieweurs à rechercher la « provocation ».
Source : 20 Minutes
