Pourquoi la fissure géante qui traverse l'Afrique de l'Est bouleverse ce qu'on croyait savoir sur nos ancêtres

Pourquoi la fissure géante qui traverse l’Afrique de l’Est bouleverse ce qu’on croyait savoir sur nos ancêtres

L’Afrique de l’Est, souvent qualifiée de berceau de l’humanité, fait l’objet de nouvelles découvertes géologiques et paléontologiques qui remettent en question certaines certitudes sur l’évolution humaine. Le lac Turkana, situé à l’extrémité nord du Kenya et s’étendant jusqu’en Éthiopie, est un site clé pour ces recherches. Cette région couvre 6 000 km² et est intégrée dans le Rift Est-Africain, un environnement crucial pour comprendre notre passé évolutif.

Ce que révèle la géologie

Une équipe de chercheurs dirigée par Christian Rowan et Anne Bécel a récemment publié des résultats dans la revue Nature Communications, révélant que la croûte terrestre le long du rift du Turkana n’est en réalité épaisse que de 13 km, contrairement aux estimations antérieures. Cette découverte indique que le rifting est à un stade avancé, connu sous le nom de « necking », et pourrait mener à une scission continentale dans les millions d’années à venir.

L’analyse des dépôts sédimentaires montre également un passé volcanique intense et une subsidence rapide, des conditions qui favorisent une fossilisation exceptionnelle. Selon le paléontologue Yves Coppens, il suffit parfois de « marcher et de se baisser » pour découvrir des fossiles dans cette région.

Hommes anciens et défis pour les paléontologues

Le lac Turkana est reconnu pour sa richesse en vestiges fossiles, avec au moins huit espèces d’hominidés identifiées, dont des représentants des genres Homo, Australopithecus et Paranthropus. Ce site, considéré comme un foyer d’évolution, a abrité des hominidés pendant près de 5 millions d’années.

Cependant, comme l’indique Brian Villmoare, une bonne préservation des fossiles ne signifie pas nécessairement que cette région a joué un rôle plus important qu’une autre dans l’histoire humaine. Les découvertes doivent être contextualisées dans un ensemble plus large de données.

Les fouilles ont également mis au jour les plus anciens outils en pierre taillée, datés de 3,3 millions d’années, ainsi qu’une variété de fossiles de mammifères herbivores. Mikael Fortelius de l’université d’Helsinki souligne qu’un microclimat particulier a contribué à faire de cette région une sorte « d’usine à espèces ».

Ces nouvelles découvertes géologiques et paléontologiques interrogent notre compréhension des origines humaines et soulignent l’importance d’une recherche continue dans ce domaine.

Source : RSE Magazine

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