Pollution des nappes phréatiques : enjeux de la gestion des eaux souterraines en période de sécheresse
Nappes phréatiques et eaux souterraines : où en est-on face à la pollution et la sécheresse ?
Un tiers de l’eau douce se trouve sous nos pieds, dans les eaux souterraines dont les nappes phréatiques font partie. Ces réserves d’eau interagissent avec les ressources en surface, telles que les lacs et les rivières, et jouent un rôle crucial dans le cycle de l’eau. Cependant, elles sont menacées par la pollution, le réchauffement climatique et une xploitation liée aux activités humaines.
L’eau qui s’infiltre dans le sol est stockée dans des couches rocheuses appelées aquifères. Les nappes phréatiques, situées près de la surface, varient en niveau au cours de l’année, avec des périodes de recharge principalement de début d’automne à début printemps. Pendant cette période, les précipitations sont plus abondantes, les températures plus fraîches limitent l’évaporation et les besoins en eau des plantes diminuent.
Pourquoi les eaux souterraines sont-elles fragilisées ?
Les eaux souterraines sont utilisées pour de nombreuses activités humaines, notamment l’approvisionnement en eau potable, l’agriculture et l’industrie. Le changement climatique perturbe le cycle de l’eau, entraînant une augmentation de l’évapotranspiration de 0,18 % par an depuis 1959 en France métropolitaine. Entre 2002 et 2023, la ressource en eau a diminué de 14 %. En 2023, la ressource en eau était 18 % inférieure à la normale, entraînant des restrictions d’usage sur 34 % du territoire pour les eaux de surface et 7 % pour les eaux souterraines.
Pollutions fréquentes, souvent liées aux pesticides
En 2022, 68 % des eaux souterraines étaient en bon état chimique, une amélioration par rapport à 2010, où ce chiffre était de 59 %. Les pesticides sont la principale cause de pollution, notamment dans le nord de la France, où les bassins Seine-Normandie et Rhin-Meuse sont particulièrement touchés. Environ la moitié des nappes présentent une concentration en pesticides dépassant le seuil de qualité de 0,5 μg/l.
Captages d’eau potable obligés de fermer
En 2025, la France comptait 37 788 captages d’eau potable, dont 36 207 prélevaient leur eau dans des nappes souterraines. Entre 1980 et 2025, près de 14 640 captages ont été fermés, principalement en raison de la dégradation de la qualité de l’eau. Environ 31,9 % des fermetures étaient liées à une concentration trop élevée en nitrates et/ou en pesticides.
Ces éléments soulignent l’urgence d’une gestion durable des ressources en eau pour préserver la qualité et la disponibilité des eaux souterraines.
Source : Office français de la biodiversité / Réalisation Matthieu Nivesse (d’après OIEau), 2018.
