L’État critique le liquidateur judiciaire de Fibre Excellence Tarascon et sécurise l’usine.
L’État s’engage à sécuriser l’usine Fibre Excellence de Tarascon face à des risques environnementaux
L’État a annoncé, vendredi, qu’il allait reprendre en main la mise en sécurité de l’usine de pâte à papier Fibre Excellence à Tarascon, actuellement à l’arrêt, en raison de ce qu’il qualifie d’« incurie » et de « mises en danger réitérées de l’environnement » par le liquidateur judiciaire.
Risques d’incendie et de pollution du Rhône
Dans un communiqué du ministère de la Transition écologique, il est précisé que l’État a décidé d’intervenir, via l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), en « urgence impérieuse » pour prévenir des risques d’incendie, de déversement de produits dangereux et de pollution du Rhône. Le communiqué souligne qu’« d’importants volumes de bois et de produits chimiques demeurent stockés à proximité immédiate du Rhône », et qu’une récente inspection a révélé « la présence de bois, de produits dangereux et de déchets, y compris des déchets dangereux liquides, répartis sur l’ensemble du site ».
Intervention justifiée par une situation d’urgence
L’usine de Tarascon, qui employait 270 personnes, a été placée en liquidation judiciaire le 29 juillet. Depuis début septembre, la sécurisation de ce site classé « Seveso seuil bas » a engendré un conflit entre le liquidateur judiciaire, la préfecture et les anciens salariés. La préfecture des Bouches-du-Rhône a mis en demeure le liquidateur de prendre des mes pour prévenir tout risque de pollution. Cependant, d’après Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique, « l’incurie des liquidateurs fait obstacle à la mise en œuvre des arrêtés préfectoraux ».
Mobilisation des anciens salariés
En réponse à cette situation, une dizaine d’anciens salariés, désormais licenciés, ainsi que des soutiens externes, ont pénétré jeudi soir sur le site de 46 hectares pour relancer les pompes et la station d’épuration. François Batista, représentant du syndicat CGT des Bouches-du-Rhône, a exprimé sa satisfaction, affirmant que cette action visait à « protéger l’outil industriel, les populations et l’environnement », tout en espérant collaborer avec l’État sur un projet de reprise. L’Ademe sera désormais chargée de « la réalisation d’opérations de mise en sécurité », et le ministère a indiqué que « le montant de la facture sera adressé aux liquidateurs ».
Source : Ministère de la Transition écologique
