Pollution de l’air: un coût sanitaire & économique colossal pour la société

Une majorité de l’Assemblée Nationale a voté des amendements déposés par la droite et le Rassemblement National, entraînant la suppression, dans le cadre d’une loi dite de simplification, des Zones à Faibles Émissions (ZFE), du Zéro Artificialisation Nette (ZAN) et d’autres dispositifs comme le CESER. Ces décisions, perçues comme influencées par une tendance illibérale mondiale, sont présentées comme étant dans l’intérêt des citoyens. Toutefois, des études menées depuis plusieurs années mettent en évidence le coût économique significatif de la pollution, notamment en ce qui concerne les ZFE.

Selon une étude de la Direction générale du Trésor, relayée par ATMO France en avril 2026 :

La pollution de l’air n’est pas uniquement un enjeu environnemental ou sanitaire, mais représente également un poids économique majeur. Les économistes estiment que son coût global atteint des centaines de milliards d’euros chaque année.

Un coût sanitaire dépassant les 150 milliards d’euros par an

Des travaux basés sur les données de Santé publique France révèlent que la pollution atmosphérique entraîne des coûts considérables pour la santé.

Entre 2016 et 2019 :

  • Les particules fines (PM2,5) ont engendré environ 12,9 milliards d’euros par an en coûts liés aux maladies.
  • Le dioxyde d’azote (NO2) a représenté environ 3,8 milliards d’euros par an.

En incluant les impacts sur la mortalité, ces coûts augmentent considérablement :

  • 130 milliards d’euros par an pour les PM2,5.
  • 23 milliards d’euros par an pour le NO2.

Dans un scénario sans pollution liée aux activités humaines, les gains associés aux décès prématurés évités pourraient atteindre plusieurs dizaines de milliards d’euros.

Impact immédiat sur l’économie

L’étude de la Direction générale du Trésor souligne également des effets immédiats sur l’activité économique, identifiant trois mécanismes principaux :

  • L’absentéisme (maladie, absences scolaires).
  • La baisse de productivité des travailleurs présents.
  • La diminution de la consommation.

Une augmentation de 10 % de l’exposition aux PM2,5 entraîne une baisse d’environ 0,4 % du chiffre d’affaires des entreprises dans les deux mois suivants, sans possibilité de rattrapage ultérieur.

Il est à noter que ce ne sont pas les absences qui expliquent principalement les pertes, mais plutôt une baisse des capacités cognitives et de la productivité, ainsi que des changements dans le comportement des consommateurs.

À l’inverse, une amélioration de la qualité de l’air pourrait avoir des effets économiques positifs : une réduction de 25 % de l’exposition aux particules fines pourrait générer environ 7 milliards d’euros de PIB supplémentaires chaque année en France.

Conséquences durables sur l’éducation et l’innovation

Au-delà des effets immédiats, la pollution impacte également le capital humain, entraînant des conséquences durables :

  • Diminution des performances scolaires en cas de forte pollution.
  • Effets négatifs sur le développement cognitif des enfants exposés précocement.
  • Impact sur les trajectoires éducatives.

Par exemple, une exposition accrue le jour d’un examen peut entraîner une baisse des résultats, tandis qu’une amélioration de la qualité de l’air durant la grossesse augmente les chances d’accès à l’enseignement supérieur.

Enfin, l’étude met en avant un effet sur l’innovation : une hausse de la pollution est corrélée à une diminution du nombre de brevets déposés, ce qui pourrait freiner la croissance à long terme.

Source : ATMO France, Direction générale du Trésor.

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