Immunothérapie intratumorale : mobiliser l’immunité contre le cancer en évitant les toxicités contre l’organisme

Immunothérapie intratumorale : mobiliser l’immunité contre le cancer en évitant les toxicités

Une étude récemment publiée dans la revue Nature révèle les avantages de l’administration intratumorale d’un traitement d’immunothérapie, traditionnellement administré par voie intraveineuse. Promue par Gustave Roussy et réalisée par des chercheurs de l’Inserm et de l’université Paris-Saclay, cette approche vise à augmenter l’efficacité du traitement tout en réduisant les effets secondaires.

L’immunothérapie a transformé la prise en charge des cancers, notamment grâce à des anticorps comme l’ipilimumab et le nivolumab, qui aident le système immunitaire à combattre le cancer. Pour les mélanomes métastatiques, les taux de survie à dix ans ont atteint 52 %. Cependant, l’administration intraveineuse de ces traitements entraîne des effets indésirables sévères chez environ 60 % des patients, limitant leur utilisation à un patient sur deux.

L’essai randomisé de phase 1b NIVIPIT a été conçu pour permettre à davantage de patients de bénéficier de l’immunothérapie. Réalisé entre 2016 et 2019, il a inclus 61 patients n’ayant jamais reçu d’immunothérapie. Les participants ont été répartis en deux groupes : l’un a reçu le traitement standard par voie intraveineuse, tandis que l’autre a bénéficié d’une combinaison de nivolumab administré par voie intraveineuse et d’ipilimumab injecté directement dans la tumeur à une dose dix fois inférieure.

Les résultats montrent que l’injection intratumorale a réduit les effets secondaires graves auto-immuns à 22,6 %, contre 57,1 % pour le traitement intraveineux standard. En termes d’efficacité, 65,7 % des tumeurs traitées par immunothérapie intratumorale ont régressé, ainsi que 50 % des lésions non injectées.

Les chercheurs ont également découvert que le succès du traitement dépendait d’un équilibre immunitaire spécifique dans la tumeur. Cette étude met en lumière l’importance de l’injection locale, qui non seulement cible la tumeur, mais reprogramme également l’immunité du patient.

Les résultats de cette étude ouvrent la voie à des traitements plus sûrs et plus efficaces contre le cancer. Une nouvelle étude clinique est déjà en cours pour évaluer cette approche sur des mélanomes localisés, avec l’objectif de réduire les rechutes tout en minimisant les effets secondaires.

Source : Nature, étude NIVIPIT, Gustave Roussy, Inserm, Université Paris-Saclay.

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