
Piratage de l’ANTS : « breach3d » est-il un jeune hacker corse ?
Un mineur de 15 ans, connu sous le pseudonyme « breach3d », a été mis en examen le 29 avril dernier pour « atteintes à un système de traitement automatisé de données à caractère personnel mis en œuvre par l’État ». Il est soupçonné d’avoir piraté le site de l’ANTS, l’agence nationale des titres sécurisés, le 16 avril, et d’avoir proposé à la vente entre 12 et 18 millions de lignes de données personnelles sur des forums cybercriminels.
Neuf jours après l’incident, le jeune homme s’est présenté au commissariat de Bastia, accompagné de sa mère, où il a été placé en garde à vue. Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire et a requis sa mise en examen pour « atteintes à un système de traitement automatique de données à caractère personnel mis en œuvre par l’État » et « détention d’équipement ou de programme permettant de commettre ces atteintes ». Ces délits peuvent entraîner une peine de 7 ans d’emprisonnement et une amende de 300 000 euros, selon la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau.
L’Office anti-cybercriminalité (Ofac) avait été alerté en avril d’une cyberattaque visant l’ANTS, qui gère les demandes de pièces d’identité. L’agence a confirmé une activité inhabituelle sur son réseau le 13 avril, ainsi que l’authenticité des données revendues. Les données concernées incluent les noms, prénoms, adresses électroniques et dates de naissance des usagers.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a saisi l’Inspection générale de l’administration pour établir la chaîne de responsabilité dans cet incident, soulignant que la sûreté numérique est un enjeu collectif majeur. Environ 11,7 millions de comptes seraient concernés par cette violation de données.
Sébastien Lecornu, lors d’une visite aux locaux de l’ANTS, a annoncé le déblocage de 200 millions d’euros pour renforcer les moyens de cybersécurité, dans le cadre du programme d’investissements France 2030. Il a également évoqué la création d’une « autorité numérique de l’État », notant une augmentation significative des intrusions informatiques depuis le début de l’année 2026, avec environ trois vols de données par jour.
Cette situation met en lumière la vulnérabilité des systèmes de traitement de données sensibles et souligne l’importance d’une réponse rapide et efficace face aux cybermenaces.
Source : France 3 Régions




