
Viticulture : le pineau des Charentes tient à ses fragiles équilibres
Dans les années 1970 et 1990, au cours des deux précédentes crises du cognac, des pineaux de qualité variable permettaient d’améliorer la trésorerie, mais nuisaient à la réputation de la catégorie. Aujourd’hui, cette époque est révolue. En l’espace d’une génération, les ventes de pineau des Charentes ont chuté de moitié. Actuellement, 400 producteurs, dont deux tiers se situent en Charente-Maritime, s’engagent dans une démarche de montée en gamme pour cet apéritif. Les nouvelles tendances incluent des goûts plus vifs et moins sucrés, des débuts de fermentation soignés, ainsi qu’un choix rigoureux des cépages. Jamais autant de pineaux différents n’ont été élaborés.
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Un garde-fou : l’affectation triennale
En 2025, près de 61 000 hectolitres de pineau ont été écoulés, soit environ 8 millions de bouteilles, principalement en France, en Belgique et au Canada. Les ventes ont connu une baisse de 2,5 % en volume, tandis que celles du cognac ont chuté de 15 %. Face à cette situation, le Syndicat des producteurs de pineau (SPP) a mis en place une réglementation obligeant les producteurs à s’engager sur le long terme, via une affectation triennale des surfaces de vignes consacrées à la production de moûts pour le pineau. En 2025, 983 hectares ont été affectés, chiffre à comparer à un vignoble charentais de plus de 95 000 hectares en production. Pour les années 2026 à 2028, environ 1 020 hectares supplémentaires seront consacrés à cette production.
« Comment vendre plus »
Récemment, le SPP a annoncé une baisse du rendement maximal à 62 hectolitres par hectare pour les prochaines vendanges, contre 75 hectolitres l’année précédente. Cette mesure vise à éviter une surabondance de stocks. Toutefois, elle suscite des débats parmi les vignerons indépendants. Francis Motard, du Domaine du Botté, a proposé un « système de modulation » favorisant la vente directe par rapport à la vente en vrac, tandis que Jean-Marie Baillif, du Domaine du Chêne, a insisté sur la nécessité de se concentrer sur l’augmentation des ventes de pineau plutôt que sur la modulation des rendements.
Source : Sud Ouest.





