
Pendant que la France ralentit, des investisseurs de partout se battent pour ces entreprises de Nouvelle-Aquitaine
En 2025, le marché des cessions et acquisitions de PME en Nouvelle-Aquitaine envoie un signal fort : la région ne subit pas le recul national, elle en profite. Pendant que la France enregistre 12 % de transactions en moins, la Nouvelle-Aquitaine progresse en volume, en valeur, et en attractivité. Le panorama annuel d’In Extenso Finance (10ᵉ édition) livre des données qui méritent qu’on s’y arrête.
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La Nouvelle-Aquitaine avance là où les autres reculent
Au niveau national, 1 076 opérations ont été recensées en 2025 contre 1 226 en 2024. Ce repli s’explique par deux facteurs : l’instabilité politique et un ajustement à la baisse des valorisations. En revanche, la Nouvelle-Aquitaine fait exception avec 76 transactions en 2025, contre 74 en 2024. Bien que stable en volume, la région affiche une forte progression en valeur.
Le montant total des transactions bondit de 605 millions à 756 millions d’euros, témoignant d’une montée en gamme des PME régionales qui se vendent à des prix plus élevés.
Paris rachète la région (enfin presque)
Un chiffre marquant : 48 % des acquéreurs viennent d’Île-de-France, contre 31 % l’année précédente. Dans le même temps, la part des acheteurs locaux (néo-aquitains) recule de 28 % à 17 %. Ce changement est net et significatif.
Les acteurs franciliens s’intéressent à la région pour plusieurs raisons :
- Un vivier de 19 051 PME de 20 à 499 salariés, parmi les plus denses de France.
- Des valorisations encore attractives par rapport à celles de l’Île-de-France.
- Un tissu sectoriel diversifié, avec une tech dynamique et des industries bien orientées.
- Une qualité de vie qui facilite la rétention des talents dans les entreprises acquises.
Ce mouvement indique que la Nouvelle-Aquitaine n’est plus perçue comme un marché de niche, mais comme une cible d’investissement.
Quels secteurs concentrent l’appétit des acquéreurs ?
Tous les secteurs ne se valent pas. Voici la hiérarchie des opérations en 2025 :
| Secteur | Nombre d’opérations | Valorisation moyenne estimée |
|---|---|---|
| TMT (tech, médias, télécoms) | 27 | 8,9 M€ |
| Biens d’équipement | 12 | 11,6 M€ |
| BTP | 10 | 14,4 M€ |
| Services aux entreprises et particuliers | 10 | 5,6 M€ |
Les biens d’équipement se distinguent par une valorisation moyenne élevée, tandis que le secteur TMT domine en volume, logique dans une région qui monte en puissance sur le numérique.
Qu’est-ce que ça change pour les entrepreneurs locaux
Ce rééquilibrage entre acquéreurs extérieurs et locaux soulève une question importante : les PME néo-aquitaines changent-elles de mains au bénéfice ou au détriment du territoire ?
D’un côté, l’afflux d’investisseurs parisiens, ainsi que des acteurs européens (7 % des opérations), valide la solidité économique de la région. Les fonds d’investissement progressent également, passant de 18 % à 21 % des acquéreurs, ce qui témoigne d’une maturation du marché.
Cependant, la question du maintien des centres de décision en région se pose, alors que 80 % des cédants sont des actionnaires privés vendant à des acheteurs de plus en plus extérieurs. Ce débat, déjà abordé par d’autres territoires, commence également à émerger en Nouvelle-Aquitaine.
Pour les entrepreneurs envisageant une transmission, les conditions sont favorables : la demande est forte, les valorisations progressent, et le segment 5-15 millions d’euros explose avec une augmentation de 63 % d’opérations (31 contre 19 en 2024).
En somme, le marché néo-aquitain envoie un message clair en 2025 : la région a de la valeur, et cette réalité est de plus en plus reconnue, notamment par des investisseurs extérieurs. La question pour 2026 sera de savoir si les acteurs locaux reprendront la main ou si Paris continuera d’acheter le Sud-Ouest.
Sources :
- Communiqué de presse In Extenso Finance – Étude sur les cessions & acquisition de PME en Nouvelle-Aquitaine.






