Pédocriminalité : « Pas de la justice, de la mise en scène »… Les méthodes de Finnyzyy critiquées par des associations

Pédocriminalité : « Pas de justice, de mise en scène »

Finnyzyy, un streamer de 21 ans, est au cœur d’une controverse après avoir piégé en direct Dominique B., un ancien cadre du sport scolaire à Vesoul, en se faisant passer pour une collégienne de 14 ans grâce à l’intelligence artificielle. Ses émissions, suivies par des dizaines de milliers de personnes, suscitent des critiques de la part d’associations de protection de l’enfance et d’autres chasseurs de pédocriminels, qui jugent ses méthodes spectaculaires mais potentiellement nuisibles pour les enquêtes en cours.

Dans un communiqué, Homayra Sellier, présidente d’Innocence en Danger, qualifie ces actions d’« irresponsabilité » et souligne que « exposer publiquement le visage et le nom d’un individu avant toute procédure sérieuse ne relève pas de la justice, mais de la mise en scène ». Elle met en garde contre les risques associés à ces méthodes, indiquant qu’un pédocriminel repéré pourrait « effacer des conversations, supprimer des fichiers ou même disparaître avant l’intervention des autorités ».

Neila Moore, présidente de l’association Team Moore, qui lutte contre la pédocriminalité en ligne, insiste sur l’importance d’une approche rigoureuse et légale. Elle déclare que son équipe crée des profils d’enfants virtuels sans incitation, laissant le prédateur entamer la conversation. « En aucun cas nous ne diffusons les contenus de la conversation ni l’identité du prédateur », précise-t-elle, afin de respecter la législation française.

Florian, président de Team Eunomie, partage cette préoccupation et souligne la nécessité d’agir dans un cadre légal. Il refuse de mener des opérations en direct, craignant que cela puisse entraîner la destruction de preuves et mettre en danger la vie d’enfants. Tous les bénévoles de son association doivent signer une charte respectant des règles strictes.

Selon Florian, l’action de Team Eunomie a permis d’obtenir 169 condamnations. De son côté, Neila Moore indique que son équipe a transmis près de 700 dossiers dans 15 pays, conduisant à l’ouverture de centaines d’enquêtes et à l’identification de nombreuses victimes.

Face à ces critiques, l’association 211 Organisation, à laquelle appartient Finnyzyy, défend l’utilisation de l’intelligence artificielle, affirmant qu’elle « ne crée pas l’intention, mais la révèle ». Cependant, elle ne répond pas aux critiques concernant la diffusion en direct des opérations.

Source : 20 Minutes

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