Pas de négociations possibles : l’interdiction du rassemblement du C9M à Paris
La marche annuelle du Comité du 9-Mai (C9M), un groupe néofasciste classé à l’ultradroite, n’a pas pu se tenir ce samedi 9 mai 2026 à Paris, conformément à l’arrêté d’interdiction pris par la préfecture de police et confirmé la veille par le tribunal administratif. Au terme de la journée, 59 militants d’ultradroite et d’ultragauche ont été interpellés dans la capitale, dont 32 placés en garde à vue, selon le bilan communiqué par la préfecture de police.
Le défilé du C9M devait initialement partir en milieu d’après-midi de l’avenue de l’Observatoire, à proximité du RER Port-Royal dans le Ve arrondissement, pour rejoindre la rue des Chartreux dans le VIe arrondissement. Cet événement, organisé depuis 1994 en mémoire de Sébastien Deyzieu, militant nationaliste décédé à 22 ans, est devenu l’un des principaux rassemblements nationalistes, néofascistes et néonazis en Europe.
La préfecture de police, dirigée par Patrice Faure, a justifié l’interdiction par un contexte politique tendu, le risque d’actions violentes, et des antagonismes croissants entre ultradroite et ultragauche, comme l’ont illustré des incidents récents à Nantes, Rennes, Toulouse et Paris. L’arrêté rappelait également que lors de l’édition 2025, plusieurs participants avaient dissimulé leur visage et arboré des symboles néonazis. La mort en février à Lyon du militant identitaire Quentin Deranque, dont les obsèques avaient déjà généré des troubles, a également été mentionnée. Le tribunal administratif de Paris a confirmé cette interdiction, première application effective contre la marche du C9M depuis trois décennies.
Un important dispositif policier a été déployé dans le centre de Paris pour empêcher tout regroupement et prévenir les confrontations. Les contrôles et interpellations se sont concentrés dans les secteurs de République, Pyramides, Saint-Michel et Montparnasse. Les forces de l’ordre ont dispersé plusieurs regroupements, et les motifs d’interpellation incluent la participation à un groupement en vue de commettre des violences et le port d’armes prohibées.
Dans un communiqué, la préfecture de police a réaffirmé que les arrêtés d’interdiction devaient être respectés et que les confrontations entre militants d’ultradroite et d’ultragauche ne seraient pas tolérées. Le porte-parole du C9M, Jean-Eudes Gannat, a dénoncé une décision qui, selon lui, augmentait le risque d’affrontements. Côté antifasciste, la Marche des solidarités et plusieurs organisations ont maintenu leur appel à se rassembler place Saint-Michel sous le mot d’ordre « Pas de nazis dans Paris », malgré l’interdiction.
Cette journée marque un tournant dans l’histoire du Comité du 9-Mai, dont les défilés avaient pu se tenir au cœur de la capitale. Le week-end de mobilisation se poursuit avec une journée commémorative consacrée à l’abolition de la traite et de l’esclavage colonial, prévue place de la Nation. L’interdiction de la marche du C9M et les interpellations à Paris constituent des faits politiques et sécuritaires majeurs du week-end en Île-de-France.
Source : Préfecture de police de Paris.





