
Finfluenceurs : À la conquête des réseaux sociaux
Les réseaux sociaux se positionnent aujourd’hui comme un nouvel espace d’éducation financière, redéfinissant les normes traditionnelles de l’investissement. Les influenceurs spécialisés en finance, désignés sous le terme « finfluencers », connaissent une popularité croissante, répondant à un besoin accru des particuliers de mieux gérer leur épargne face à l’inflation, à l’incertitude économique et géopolitique, ainsi qu’à la préparation de la retraite.
Selon un sondage OpinionWay intitulé « Les Français et la démocratisation de la culture financière », réalisé pour Nalo, 81 % des Français affichent un intérêt pour l’épargne. Cependant, seulement 47 % d’entre eux manifestent un attrait pour l’investissement, soulignant l’écart significatif entre la logique de précaution et l’engagement dans des démarches d’investissement. La culture financière en France demeure limitée : 36 % des répondants estiment posséder une bonne ou excellente culture financière, tandis que 35 % la jugent faible et 19 % la considèrent comme très faible, voire inexistante.
Les profils des « finfluencers » sont variés, englobant à la fois des créateurs de contenu dont la finance est le thème principal, des entrepreneurs proposant des formations, et des professionnels du secteur tels que des analystes ou des conseillers financiers. Thomas Mayol, par exemple, a débuté sur les réseaux sociaux en tant qu’étudiant, partageant ses propres investissements. Aujourd’hui, il compte près de 280 000 abonnés sur Instagram et 15 300 sur YouTube, ce qui a renforcé la crédibilité de sa société, Groupe Investisseurs 3.0, spécialisée dans l’éducation financière et la formation en gestion de patrimoine.
Le sondage de Nalo et OpinionWay révèle que 16 % des Français ont déjà suivi des conseils financiers sur les réseaux sociaux et ont agi en conséquence. Cependant, la confiance envers ces acteurs varie : 69 % des répondants font confiance à un professionnel du patrimoine, contre seulement 11 % pour un influenceur financier.
Les réseaux sociaux offrent un canal d’acquisition client naturel, comme l’indique Thomas Mayol : « La majorité des clients viennent à nous sans que nous ayons besoin de faire du marketing. » Les conseillers financiers sont en effet divisés quant à leur présence sur ces plateformes, leur importance stratégique variant selon le profil. Les conseillers en gestion de patrimoine (CGP) établis, bénéficiant d’une réputation solide, peuvent considérer la création de contenu comme moins prioritaire, tandis que les CGP indépendants, souvent de plus petites structures, perçoivent la création de contenu comme un outil d’acquisition essentiel.
Clément Nouvet, CEO de Nalo, souligne que pour un CGP s’adressant à une clientèle très fortunée, les réseaux sociaux ne sont pas indispensables. Dans un modèle traditionnel, la présence physique rassure les clients, alors que dans un modèle entièrement digital, les réseaux sociaux deviennent cruciaux pour la visibilité.
Près de 60 % des répondants au sondage consultent au moins un réseau social pour des contenus d’épargne et d’investissement, avec des différences générationnelles notables. Les jeunes de 18 à 24 ans privilégient YouTube et Instagram, tandis que les seniors de 65 ans et plus se tournent davantage vers la presse.
L’émergence des réseaux sociaux modifie également les relations entre marques et finfluenceurs. Une professionnalisation est attendue, avec une sélection accrue des influenceurs. L’Autorité des marchés financiers (AMF) et l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) ont lancé un certificat de l’influence responsable en finance, visant à encadrer cette activité.
Source : Décideurs Magazine.






