« On m’a frappée parce que je suis étrangère » : L’Afrique du Sud face à une nouvelle poussée de fièvre xénophobe
Assis dans son magasin de bijoux à Johannesburg, Alhajioko, un Nigérian d’une soixantaine d’années, observe avec vigilance l’entrée de son commerce. Son quartier, où résident de nombreux étrangers, est devenu le théâtre de manifestations anti-immigration. Le 29 avril, des centaines de personnes ont défilé dans les rues, suscitant la peur parmi la communauté étrangère. « Je m’apprêtais à garer ma voiture quand je les ai vus. J’ai tout de suite fait demi-tour ! », raconte-t-il, inquiet pour sa sécurité.
Installé en Afrique du Sud depuis vingt-cinq ans, Alhajioko envisage sérieusement de quitter le pays. « Je préfère perdre tout ce que j’ai construit ici plutôt que mourir », confie-t-il, le regard grave. Cette montée des tensions a des conséquences tragiques : selon un communiqué de la ministre des affaires étrangères nigériane, au moins deux Nigérians ont perdu la vie récemment dans des incidents impliquant des agents de sécurité sud-africains.
Face à cette explosion de violences xénophobes, le gouvernement nigérian a annoncé son intention d’organiser des vols de rapatriement pour ses ressortissants. Frank Onyekwelu, président de l’association des citoyens nigérians d’Afrique du Sud, a déclaré que « 300 personnes ont lancé une demande » de rapatriement en quelques jours.
Cette situation souligne la fragilité des relations entre les Sud-Africains et les étrangers, exacerbée par des problèmes socio-économiques persistants. Les violences xénophobes ne sont pas nouvelles en Afrique du Sud, mais elles semblent atteindre un nouveau paroxysme, affectant la vie de milliers de personnes.
Source : Le Monde.



